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La chasteté, une vision, une méthode 

 

 

Chasteté-Québec croit fermement qu’une éducation sexuelle basée sur la chasteté permettrait de prévenir une bonne partie des problèmes que nous avons énumérés jusqu’ici dans ce numéro de notre journal : avortement, dénatalité, peur de la maternité, etc.

 

Le présent article vise à démontrer l’efficacité d’une éthique centrée sur la chasteté. Cette dernière agit sur deux plans :

1.      Elle transmet une vision positive de la parentalité des enfants et de la famille, qui est susceptible de corriger les problèmes de l’éclatement de la famille et de la dénatalité.

2.      Elle offre une méthode efficace de prévention des ITS, des grossesses non désirées, et de divers problèmes émotionnels reliés au fait d’avoir des relations sexuelles avec plusieurs partenaires au cours de la vie.

 

Une vision positive

La chasteté est une éthique de la sexualité qui prône l’amour, le respect de l’autre, la fidélité, la complicité, l’intimité et une bonne communication. Tous ces facteurs contribuent à la santé sexuelle et émotionnelle du couple. Ils sont donc des causes de stabilité pour la famille. De plus, en favorisant l’engagement dans le mariage avec une seule personne pour la vie, la chasteté stimule l’idée qu’il faille se battre pour maintenir le bonheur conjugal. Pas question de baisser les bras lorsqu’un désaccord fait irruption ou que les épreuves se multiplient.

 

La chasteté est l’art de gérer ses désirs sexuels. Les personnes chastes attendent au mariage avant d’avoir des relations sexuelles. Une fois mariées, elles adoptent un style de vie et de pensée qui protège l’attachement et la fidélité au partenaire. La chasteté est donc un facteur favorisant la formation d’une équipe complémentaire solide qui coopère jour après jour. Puisque les couples chastes ne vivent pas avec la crainte constante d’une éventuelle séparation, il est plus facile pour la femme de désirer être mère, et pour l’homme, d’envisager la paternité avec joie.

 

Il faut comprendre, cependant, que la chasteté n’est pas une mentalité qui s’acquiert du jour au lendemain. C’est une vision de la vie que l’on développe tout au long de l’adolescence. Le partenaire à long terme est attendu dans une anticipation sereine et positive. Les occasions d’aventures sont refusées avec conviction, même si cela est difficile. Le choix d’être abstinent façonne ainsi le caractère et rend la personne plus fidèle, plus convaincue de la valeur de son futur engagement, plus déterminée à se battre pour régler les conflits.

 

Une méthode efficace

En théorie, il ne fait aucun doute que l’abstinence est efficace. Toutefois, plusieurs adultes croient qu’il est impossible de convaincre les jeunes d’adopter cette valeur. À cet effet, il est intéressant d’observer l’influence de l’enseignement de la chasteté aux États-Unis.

 

Après une décennie d’enseignement de l’abstinence, les Américains disposent actuellement d’une dizaine d’évaluations qui sont favorables aux programmes d’enseignement de l’abstinence. Quatre ont été publiées dans des revues scientifiques.

1.      Une de ces études, publiée en avril 2003 dans le Adolescent and Family Health, a calculé l’apport relatif des programmes d’enseignement de l’abstinence et celui de l’approche contraceptive classique. L’étude a démontré que l’enseignement de l’abstinence était la cause principale – 67 % des cas – de la chute du taux de grossesse enregistrée chez les filles de 15 à 19 ans.

2.      Une étude semblable, parue en août 2004 dans le Journal of Adolescent Health, a déterminé que la chute du taux de grossesse chez les adolescentes de 15 à 17 ans était reliée dans une proportion de 53 % à la réduction de leurs activités sexuelles.

3.      À la fin de 2004, l’étude « Youth Risk Behavior Survey », parrainée par les centres fédéraux de prévention des maladies (CDC), a démontré que le taux de jeunes actifs sexuellement est passé de 54,1 % en 1991 à 46,7 % en 2003.

4.      Un autre rapport des CDC, intitulé « Teenagers in the United States: Sexual Activity, Contraceptive Use, and Childbearing, 2002 », révèle que la baisse du taux des activités sexuelles chez les garçons de 15 à 19 ans est reliée à leur capacité accrue de dire non aux avances sexuelles par rapport à 1995. Cette même étude démontre que 90 % des objectifs fixés par les responsables des programmes de santé communautaire dans le rapport « Healthy People 2010 Targets » étaient déjà atteints en 2004. En effet, six ans avant l’échéance fixée, 90 % de la réduction recherchée des activités sexuelles chez les jeunes de moins de 15 ans était atteinte, de même que 75 % de la réduction visée pour les 15 à 17 ans.

 

Cette baisse du nombre d’adolescents actifs sexuellement s’est répercutée sur le nombre de grossesses chez les jeunes de 15 à 19 ans. En 2000, d’après les données de l’Institut Alan Gutmatcher, le taux de femmes enceintes pour cette tranche d’âge était de 116,9 par 1000, soit 11,7 %. En 2004, il n’était plus que de 83,6, soit 8,4 % sur une base annuelle[1]. Ce taux de grossesse demeure élevé, mais il représente tout de même un revirement de situation important.

 

Un effet durable

L’enseignement de l’abstinence a donc su convaincre plusieurs jeunes Américains. Il faut se demander, par ailleurs, si les adolescents qui ont opté pour l’abstinence ont maintenu ou non leur engagement jusqu’au mariage. Il semble que cela ne soit pas toujours le cas. Il y a encore du chemin à faire pour atteindre l’idéal. Ce n’est toutefois pas une raison pour discréditer le mouvement ou pour craindre que des jeunes filles ne deviennent enceintes parce qu’elles auraient choisi l’abstinence et qu’elles auraient été surprises par une relation imprévue sans être protégées par la pilule ou le condom.

 

Ainsi des chercheurs ont observé le comportement sexuel de jeunes filles au cours des années qui ont suivi leur engagement à être chastes. Ils ont étudié l’évolution des signataires de la fameuse pétition « True Love Wait ». Ils ont constaté que les non-signataires ont 40 % fois plus de risques de devenir enceintes au cours de l’adolescence. Elles ont aussi 52 % fois plus de chances de devenir enceintes en dehors des liens du mariage[2]. Au total, il y a donc moins de grossesses chez celles qui ont choisi de pratiquer l’abstinence. De plus, les chercheurs ont observé que les signataires étaient plus fidèles à leur partenaire. C’est rassurant, non?

 

Également, si des filles deviennent mères en rompant leur vœu d’être abstinentes jusqu’à leur mariage, elles seront, en moyenne, plus âgées et plus avancées dans leurs études. Plusieurs auront déjà un emploi. Elles auront acquis aussi plus de maturité. Tous ces facteurs feront d’elles de meilleures mères et diminueront les risques de pauvreté. En effet, seulement 50 % des signataires des deux sexes ont leur première relation avant 19 ans en comparaison de 77 % pour les non-signataires. Eh oui! Les jeunes qui s’engagent à être chastes ont en moyenne leurs relations sexuelles 27 mois plus tard (38 mois chez les filles de race blanche) que ceux qui rejettent l’abstinence[3]. Ainsi les signataires ont, en moyenne, leur première relation à 19,9 ans, tandis que les non-signataires servant de groupe témoin l’ont, en moyenne, à 16,7 ans.

 

À la suite de ces observations, les chercheurs ont conclu que l’engagement à être chaste est un facteur indépendant qui entraîne un report des activités sexuelles très significatif sur le plan statistique, une réduction des grossesses et un accroissement de la fidélité conjugale. Cette recherche montre aussi que certaines conditions assurent un meilleur résultat :

1.      L’engagement à être chaste est plus efficace s’il est fait librement, sans que des pressions soient exercées par le milieu.

2.      Il est plus efficace chez les plus jeunes adolescents.

3.      Il est plus efficace s’il y a une structure sociale qui entoure les jeunes. Il ne suffit pas de signer un papier. Le soutien des parents, des intervenants scolaires, religieux ou sociaux, des médias et des journalistes crée un mouvement qui aide le jeune à maintenir son engagement. Les signataires doivent acquérir une identité sociale.

 

La chasteté est donc une éthique, une vision et une méthode efficace pour éviter les grossesses à l’adolescence. Cependant, la chasteté ne devrait pas être mentionnée, juste comme cela, en passant lors d’un cours d’éducation sexuelle. Ce choix est bien plus qu’une simple méthode technique pour empêcher les bébés ou les bibittes! Il y a toute une réflexion derrière. Plus encore, puisque l’efficacité de la pratique de l’abstinence dépend d’une identité à l’intérieur d’un réseau, il faudrait mettre sur pied une véritable sous-culture qui soit susceptible de créer et de nourrir un nouvel idéal chez les adolescents, garçons ou filles. Ce serait rendre un grand service à notre société, qui a tellement besoin de familles stables et unies. La chasteté peut certainement contribuer à développer des habiletés susceptibles d’aider les couples et les familles à vivre plus heureux.

 

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[1]    Tiré de The Abstinence E-mail Update, Abstinence Clearinghouse, February 20 2004.

[2]    Heritage Foundation LifeWay Press Release, April 16 2004.

[3]    Bearman (P. S.), director of the Institute for Social and Economic Research and Policy at Columbia University, Brückner (H.), assistant professor of Sociology at Yale University, “Promising the Future: Virginity Pledges as They Affect the Transition to First Intercourse”, American Journal of Sociology, January 2001 [data from : National Longitudinal Study on Adolescent Health (AddHealth)].