Retour à la première page du journal
Virage en Angleterre
Depuis quelques années, l’Angleterre suit un parcours diamétralement opposé
à celui des États-Unis, en accentuant la distribution de condoms et de moyens
contraceptifs aux adolescents afin de réduire l’incidence des infections
transmissibles sexuellement (ITS) et des grossesses indésirées parmi cette
population. Rappelons que l’Angleterre détient le plus haut taux de grossesse à
l’adolescence de l’Europe et que plus de une naissance sur dix provient d’une
mère adolescente.
Ainsi, en 1999, l’Angleterre a choisi de réagir aux grossesses non désirées
chez les adolescentes en implantant un programme d’éducation sexuelle axé sur
la distribution gratuite de condoms et de moyens contraceptifs. La pilule du
lendemain est également offerte sans ordonnance. Une promotion dynamique
indique aux jeunes qu’il n’y a pas d’âge pour avoir des relations sexuelles et
que les moyens contraceptifs sont accessibles à tout âge. L’infirmière scolaire
est très active dans ce programme. D’après Valerie Riches, auteure d’un rapport
sur la question, une des techniques utilisées consiste à envoyer une carte de
souhaits à l’occasion du quatorzième anniversaire de naissance des élèves afin
de les inviter à subir un examen médical au cours duquel la contraception leur
sera suggérée.
Les auteurs du programme se sont fixés comme objectif de réduire le taux de
grossesse chez les adolescentes de 15 % pour l’année 2004 et de 50 %
pour l’année 2010. Cependant, selon le Daily Mail
de Londres[1],
en dépit des 63 millions de livres sterling dépensées, il semble que l’épidémie
de grossesse fait toujours rage en Angleterre. Qui plus est, un sondage
effectué par The UK’s Family Education
Trust a révélé que le taux de grossesse serait plus élevé dans les régions
où l’on a fait davantage d’éducation sexuelle et où l’on a distribué plus de
condoms[2].
Malgré cela, les autorités ont suggéré de nouvelles tactiques, d’après monsieur
Powell du Daily Mail. En effet, en
plus d’utiliser les injections de Depo-Provera, tout comme en Amérique, les
médecins anglais commencent à installer des implants hormonaux sous-cutanés à
des centaines d’adolescentes de 14 à 16 ans, souvent sans l’autorisation
de leurs parents. Toutefois, cette pratique soulève beaucoup de questions quant
à l’intervention de l’État dans la vie privée des familles, mais aussi quant à
l’impact que ces hormones peuvent avoir sur la santé de patientes aussi jeunes.
Également, plusieurs craignent que ce geste n’encourage la promiscuité et
n’amène une croissance des ITS.
D’ailleurs, on observe actuellement une épidémie d’ITS en Angleterre et en
Écosse. D’après le rapport du UK’s Family
Education Trust[3],
le nombre de cas d’ITS aurait augmenté de 62 % en Angleterre entre 1997 et
2002. En Écosse, le Scottish Daily Record[4]
rapporte que l’incidence de la chlamydia a augmenté de 66 % chez les
adolescents des deux sexes. Faudrait-il relier cela aux nouvelles politiques de
[1] Adam Powell, “Under-Aged Girls
“”Sterilized”” to cut teen pregnancies”,
Daily Mail,
[2] Valerie Riches, Sex Education or Indoctrination?, The
[3] Valerie Riches, Sex Education or Indoctrination?, The UK's Family Education Trust;
Dans : “UK Sex-Ed Backfire: Survey Reveals Increased Pregnancy Rates”, National
Abstinence Clearinghouse, 18/05/04; Également dans : “Teens Subjected to
Program”, LifeSite Daily News,
[4] The Scottish Daily Record, 05/02/04;
Dans : Jessemyn Pekari, “Experts fear Major Health Problems for Nest Generation
due to Alarming STD Rates”, National Abstinence Clearinghouse, 05/05/04.
[5] Marsh (Beezy), Finney (Suzanne),
“Morning-After Pill Fuels the Epidemic of Sexual Diseases”, Daily Mail