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Une grossesse est-elle possible ?
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Extrait de : Douze questions à se poser
avant..., Dr Longueuil,
Éditions Ministères Multilingues, 2003, p. 53 Au Canada, 50 % des adolescentes ont des relations sexuelles avec pénétration vaginale. Chaque année, environ 5 % de l’ensemble des adolescentes, soit 10 % des adolescentes actives sexuellement, deviennent enceintes[1]. C’est beaucoup, non ? Aux États-Unis, la situation est semblable, mais le taux de grossesse est environ deux fois plus élevé. À la fin de leurs études secondaires, de 19,4 %[2] à 42,3 %[3] (le pourcentage varie selon les recherches) des filles actives sexuellement auront été enceintes. La plupart de ces filles ne souhaitent pas cette grossesse. En effet, seulement 15 % des mères de 17 ans sont ambivalentes et désirent une grossesse plus ou moins consciemment, souvent pour échapper à un environnement familial déprimant[4]. |
Pourquoi tant d’adolescentes
deviennent-elles enceintes? Sont-elles négligentes? Les méthodes contraceptives
utilisées seraient-elles inefficaces?
En fait, les deux facteurs
– négligence des individus et inefficacité des
contraceptifs –contribuent à engendrer chaque année des enfants non
désirés. Cette situation est très éprouvante pour les jeunes concernés ainsi
que pour leurs familles. J’explique cela en détail dans le livre mentionné plus
haut. Retenons, pour les fins de cet article, qu’une grossesse est bel et bien possible même pour les jeunes filles qui
sont certaines de se protéger correctement.
Afin de soutenir cette
dernière affirmation, j’aimerais vous présenter les résultats d’une recherche
récente effectuée sur le lien entre la contraception et les grossesses non
désirées par une équipe de chercheurs européens affiliés à l’Institut national
de la santé et de la recherche médicale (INSERM) ainsi qu’à l’Institut national
de recherche démographique (INED), sous la direction de
http://www.canal-u.education.fr/canalu/affiche_programme.php?programme_id=1003930867&.
Cette étude française faite auprès de femmes
adultes est parue dans le journal Human Reproduction[5].
La recherche
dirigée par
1. pilule – 20 %
2. méthode naturelle – 20 %
3. condom – 12,5 %
4. stérilet[7] –
10 %
5. sans contraception – 25 %
Ainsi les deux tiers des
grossesses surviendraient chez des utilisatrices de moyens contraceptifs. Ces
méthodes sont donc loin d’être parfaites.
La moitié des femmes devenues
enceintes en utilisant le condom ont dit qu’il avait glissé ou qu’il s’était
déchiré. Environ 30 % avaient négligé de l’utiliser cette fois-là, et
20 % ne savaient pas pourquoi le condom avait été inefficace. Également,
plus de 57 % des porteuses de stérilet devenues enceintes ne savaient pas
ce qui n’avait pas fonctionné.
Parmi les utilisatrices de
méthodes naturelles, 25 % ont dit que leur cycle n’avait pas été aussi régulier
que d’habitude et les deux tiers ont expliqué que leur partenaire ne s’était
pas retiré à temps.
Enfin,
les chercheurs qui ont effectué cette étude ont émis le commentaire
suivant : Il n’y a pas de raison de croire que nos résultats sont bien
différents de ce que l’on trouverait dans les autres pays industrialisés où les
méthodes contraceptives sont disponibles. Il est donc très clair pour moi
que les méthodes contraceptives n’offrent pas une sécurité infaillible aux
femmes adultes. Et les chercheurs s’entendent généralement pour dire que cela
est encore plus vrai pour les adolescentes, qui, selon leurs hypothèses :
-
sont des
utilisatrices moins constantes;
-
ont un
taux de fertilité supérieur;
-
ont un
métabolisme accéléré qui rendrait peut-être la pilule moins efficace.
Le meilleur moyen
d’éviter une grossesse reste, sans contredit, l’abstinence sexuelle. Les
moyens contraceptifs sont intéressants pour diminuer la possibilité d’une
grossesse et non pour éliminer toute éventualité. Dès lors, la contraception
est un moyen idéal pour un couple qui aimerait retarder la venue d’un enfant ou
limiter le nombre total d’enfants à venir. Ce couple, toutefois, doit être
ouvert à l’éventualité d’une grossesse. Dans ce contexte, il est possible
d’accueillir la vie, même si l’on n’est pas tout à fait prêt à
[1]
Langille (D. B.), “Adolescent Sexual Health : What You Need To
Know”, The Canadian Journal of CME, January 2000, p. 47-58.
[2]
Resnick (M. D.), Bearman (P. S.), Blum (R. W.), et al, “Protecting
Adolescents From Harm : Findings From the National Longitudinal Study on
Adolescent Health”, Journal of American Medical Association, September
10, 1997, Vol. 278, no. 10, p. 823-832.
[3] Steben (M.), « Prise de risques reproductifs, MTS et sida chez les jeunes dans les écoles américaines », L’actualité médicale, 16 février 2000, p. 76-77.
[4]
Sylvester (C.), Preventable
Calamity, Progressive Policy Institute, 1994, p. 18. Accessible
à : ppiinfo@dlcppi.org.
[5]
Bajos
(N.), Leridon (H.), Goulard (H.), Oustry (P.), Job-Spira (N.) and The COCON Group,
“Contraception: from accessibility to efficiency”, Human Reproduction,
Vol. 18, No. 5, p. 994-999, May 2003.
Tiré de : Wheldon
(J.), Health Correspondent, PA News, April 30, 2003.
[6] Il s’agit d’une étude partielle effectuée sur 1829 cas choisis et analysés au hasard parmi les 14 704 foyers étudiés.
[7] Le stérilet est une méthode contraceptive qui empêche l’embryon de s’implanter dans l’utérus après sa conception. Plusieurs le considèrent donc comme un mini-avortement.