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Grossesse à l’adolescence et pauvreté

 

Un enfant canadien sur cinq vit dans la pauvreté. Or, plusieurs études démontrent que la pauvreté est la cause de beaucoup de souffrances. Par exemple, on observe un moins bon état de santé chez les gens pauvres, plus de stress psychologique et plus de violence. Les mères pauvres ont une piètre image d’elles-mêmes. Elles sont souvent déprimées. Elles stimulent moins leur enfant et le néglige plus fréquemment. Parfois même, elles sont violentes envers lui[1].

 

On sait également que le fait de devenir enceinte à l’adolescence peut conduire à la pauvreté, car la majorité des jeunes mères n’arrivent pas à terminer leurs études ou à occuper un emploi tout en prenant soin de leur enfant. De plus, elles sont abandonnées par le père dans 80 % des cas; souvent, elles doivent donc subvenir seules aux besoins de leur famille.

 

Les grossesses à l’adolescence constituent un problème de société difficile à résoudre, parce que les filles de mères adolescentes ont, selon des études américaines[2], 7,5 fois plus tendance à reproduire le comportement de leur mère et à avoir, elles aussi, un enfant à l’adolescence. En effet, les filles de mères adolescentes ont souvent de la difficulté à réussir à l’école et elles cherchent un sens à leur vie au travers de la maternité. Cependant, ces nouvelles mères adolescentes issues d’un milieu défavorisé sont d’autant plus à risques de connaître elles-mêmes la pauvreté qu’elles n’ont pas le soutien de leur famille pour élever leur enfant.

 

La docteure Sylvie Berthiaume a étudié les problèmes qui touchent les mères issues d’un milieu pauvre, quel que soit leur âge[3]. Selon elle, pendant et juste après leur grossesse, les mères pauvres ont plus :

-           de nausées et de vomissements;

-           d’infections;

-           de menaces d’avortement;

-           d’affections liées à l’hypertension;

-           de dépression.

 

Quant aux bébés :

-           la mortalité périnatale est deux fois plus grande que chez les mères en général;

-           le nombre d’enfants de petit poids est deux fois et demi plus élevé que chez les mères en général[4].

-           le taux de prématurés est une fois et demi plus élevé que chez les mères en général.

 

La docteure Berthiaume souligne que plusieurs facteurs sont souvent associés : tabagisme, violence conjugale, malnutrition, toxicomanie, monoparentalité et grossesse à l’adolescence. Certains intervenants commencent donc à saisir que les problèmes sociaux doivent être analysés comme les pièces d’un même casse-tête. Peut-être comprendrons-nous un jour qu’en détruisant des notions comme la chasteté jusqu’au mariage et la permanence de celui-ci, la révolution sexuelle a créé un climat propice aux grossesses à l’adolescence et à la monoparentalité. Or, ces grossesses entraînent plus de pauvreté et, de ce fait, plus de souffrances.

 

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[1]    Raynault (M.-F.), « Les enfants pauvres – comment les aider ? », Le Médecin du Québec, vol. 33, no 12, décembre 1998, p. 43-46.

[2]    Furstenberg F, The Next Generation : The Children of Teenage Mothers Grow up, Early Parenthood and Coming of Age in the 1990s, Rutgers University Press, 1992, Cité par : Sylvester C, Preventable Calamity, Progressive Policy Institute, 1994, pp.13-14. Accessible sur Internet : ppiinfo@dlcppi.org.

[3]    Berthiaume (Dre S.), « Une grossesse désirée malgré tout », Le Médecin du Québec, vol. 33, no 12, décembre 1998, p. 39-42.

[4]    Le taux de 10 % en milieu pauvre au Québec est comparable aux taux enregistrés dans certains pays en voie de développement.