Retour à la première page du journal
La maternité, quelle merveille !
L’image d’une mère prenant tendrement soin de son enfant évoque toujours en nous quelque chose de beau. Les poètes et les romanciers se sont inspirés de cet archétype. Les centres de maternité affichent avec raison de belles images de la mère et de son enfant.
Une mère prenant soin de son enfant est un symbole de vie,
de paix et d’amour. Normalement, les bras d’une mère apportent le réconfort, la
protection et
La venue d’un enfant devrait être un événement heureux. On
lui prépare une place. Le jour de la naissance venue, la famille et les amis
offrent un cadeau. La nouvelle mère raconte l’accouchement, souvent pénible;
cependant, la joie de voir le bébé fait vite oublier les douleurs. Les hommes
et les plus jeunes regardent le nouveau-né sans oser le toucher, tandis que les
femmes le dorlotent. Tous félicitent la mère et le père. Parce que le père aussi
aura un rôle très important à jouer. Il prendra part aux soins de son enfant.
Il jouera avec lui. Il lui apprendra plein de choses. Il lui transmettra sa
vision de
Toutefois, l’arrivée d’un enfant peut être aussi une source d’angoisse. De tout temps, lorsque les conditions de vie ont été précaires, les parents se sont demandé comment ils réussiraient à nourrir la nouvelle bouche. De plus, de nos jours, les mères adultes s’interrogent aussi lorsqu’elles constatent que leur couple est fragile ou que leur carrière pourrait être menacée.
Là où il y a le plus d’anxiété et de doutes sur la maternité, c’est certainement lorsqu’elle survient à adolescence. On s’interroge alors sur ce qui adviendra des études de la jeune fille. On se demande aussi si le père assumera ses responsabilités face à l’enfant. On s’inquiète pour savoir dans quelle mesure les parents de la mère ou du père devront contribuer de leurs biens et de leur temps afin d’éduquer l’enfant.
Ces interrogations sont omniprésentes depuis les années
70, époque où les jeunes sont devenus actifs sexuellement. En effet, malgré
tous les efforts faits pour promouvoir les moyens contraceptifs, les grossesses
à l’adolescence restent plutôt fréquentes. Aujourd’hui, les adolescents et
leurs parents font face très vite à la possibilité de vivre la maternité
précocement. Or, je crois que cette situation a transformé notre manière de
voir
Aujourd’hui, j’observe que bien des couples n’envisagent
pas la parentalité d’un œil positif. Je crois qu’il y a un lien entre cela et
le fait que ces jeunes adultes ont débuté leurs relations sexuelles tôt dans
leur vie. En effet, la majorité des jeunes apprennent à percevoir la venue d’un
enfant sous un angle négatif, puisqu’à l’adolescence, il faut éviter
Je crois que l’apprentissage négatif de la maternité à l’adolescence se solde par la peur des grossesses, et que cette crainte persiste chez les femmes adultes. Les jeunes filles devenues grandes ne s’inquiètent pas seulement du fait que la grossesse pourrait nuire à leur carrière ou parce que leur conjoint risque de partir, mais elles demeurent souvent profondément ambivalentes face à la vie, et cela d’autant plus qu’un certain nombre d’entre elles ont déjà subi un avortement. Le passage d’une mentalité d’évitement de la grossesse à celle d’accueil de la procréation est un revirement psychique qui ne se fait pas toujours facilement.
Sans compter que notre monde n’accorde plus la même valeur qu’autrefois à la venue d’un enfant. D’une part, la position sociale de la mère n’est plus ce qu’elle était. Le regard des gens ne se pose plus sur la mère et son enfant avec le même émerveillement. D’autre part, tous s’attendent à ce que la venue d’un enfant ne dérange pas trop les projets des adultes. Dans une société comme la nôtre où la réalisation professionnelle et personnelle est primordiale, c’est à l’enfant à s’adapter et non l’inverse.
Enfin, du point de vue pratique, ce n’est pas toujours
facile. En effet, la majorité des voitures et des maisons sont faites pour deux
enfants, tout au plus. Et ce n’est pas nécessairement évident d’organiser la
routine entre la garderie, le travail et
Plusieurs adultes hésitent donc à avoir des enfants. Et la dénatalité qui caractérise le Québec inquiète nos responsables. Nous avons grandement besoin de repenser nos valeurs et nos priorités, car notre nation meurt à petit feu. Entre autre, nous ne devrions pas oublier que l’activité sexuelle à un âge précoce explique en partie la peur d’avoir des enfants.