Retour à la première page du journal

 

Retour à la page d'accueil

 

Que faire en cas de grossesse ? 

 

 

Extrait de :

Douze questions à se poser avant..., Dr Michel Robillard,

Longueuil, Éditions Ministères Multilingues, 2003, p. 67.

 

La plupart des adolescentes qui ont des relations sexuelles ne réfléchissent pas à ce qu’elles feraient si elles devenaient enceintes. Les garçons qui se demandent comment ils réagiraient s’ils apprenaient qu’ils vont être pères sont encore plus rares. Et toi, y as-tu déjà pensé ? Je connais cinq façons de faire face à cette situation :

 

Ne pas garder l’enfant :

1.      Choisir l’avortement

2.      Choisir l’adoption

Garder l’enfant :

3.      Élever l’enfant à deux

4.      Élever l’enfant avec les grands-parents

5.      Élever l’enfant seule

                                                               

 

 

Puisque les adolescentes actives sexuellement peuvent se trouver enceintes, il convient de se demander ce qu’elles peuvent faire si cela leur arrive. Le but de cet article n’est pas d’expliquer les différentes options en détail. Nous allons plutôt parler ici de l’adoption comme alternative à l’avortement, et des ressources qui peuvent aider les filles enceintes qui choisissent de garder l’enfant. Cependant, les lecteurs qui désirent en savoir davantage sur le sujet peuvent consulter le livre cité dans l’encadré.

 

Avortement ou adoption ?

Disons d’emblée que l’avortement est la solution privilégiée par la majorité des jeunes filles qui se trouvent enceintes en Amérique du Nord. En Europe, comme en Amérique, ce sont les 20-24 ans qui ont le plus recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). La motivation diffère selon l’âge de la future mère. Pour les moins de 25 ans, « l’engagement scolaire » est prioritaire par rapport à une maternité. Pour la tranche d’âge suivante, les 25-34 ans, c’est le contexte affectif qui va dicter l’envie d’enfant. Au-delà de 35 ans, la trajectoire professionnelle semble aussi déterminante que le contexte affectif [1].

 

L’avortement n’est jamais une solution très drôle. Les filles qui y ont recours le vivent en situation de crise. De plus, à long terme, l’IVG laisse des séquelles émotives ou morales chez beaucoup de femmes, bien qu’elles n’en soient pas toujours conscientes au départ. Plus tard, elles risquent d’avoir bien du mal à se défaire de ce mauvais souvenir. Il vaudrait donc mieux prévenir[2].

 

Enfin, l’avortement prive la nation de ses enfants. Cela est d’autant plus inquiétant que le nombre des avortements est à la hausse au Québec (augmentation de 30 % en 10 ans selon G. Gosselin[3]). Dans une lettre adressée au président de la Fédération québécoise des Municipalités, l’ex-député péquiste Gérard Gosselin, maintenant éducateur et consultant pour l’organisme Consultation-famille, suggérait de rendre l’adoption plus accessible. Voici les raisons qu’il énumère : L’avortement, tel que pratiqué chez nous, devenant un palliatif au manque d’une éducation à la sexualité et à la contraception responsable, demeure une pratique hautement questionnable à cause, notamment, d’un certain  contexte de précipitation, qui empêche la délibération morale. En plus du déficit démographique auquel contribuent 30 000 avortements annuellement, on ne saurait nier que ces pratiques affectent le devenir collectif […].

 

[…] Des milliers de ménages ne peuvent satisfaire leur désir d’enfants, alors que le taux d’infertilité des ménages québécois se situe autour de 15 %, – le taux d’infertilité au Canada est de 10 %. D’autre part, à cause des coûts élevés de l’adoption internationale, celle-ci n’est pas accessible aux ménages de condition plus modeste, qui auraient besoin d’un accès mieux accordé à leur capacité financière.

 

[…] Un sondage SOM – La Presse réalisé en 1999 faisait dire à 61 % des répondants qu’ils aimeraient voir la moitié des sommes actuellement réservées pour pratiquer des avortements être transférées vers la promotion et l’organisation propice des adoptions à la naissance. La Direction de la protection de la jeunesse, qui est l’organisme exclusif pour l’adoption au Québec, ne s’occupe pas vraiment de l’adoption à la naissance. Il n’en a vraisemblablement pas les ressources et la volonté politique fait défaut. Ce qui fait qu’on en a peu : à peine une dizaine par année[4].

 

Des ressources à découvrir et à utiliser

Les filles qui souhaitent garder leur enfant découvriront sans doute assez vite qu’il n’est pas toujours facile d’élever un enfant, d’autant plus que le père s’éclipse dans 80 % des cas lorsqu’une grossesse survient à l’adolescence. C’est pourquoi elles aimeraient sans doute recevoir des conseils pendant la grossesse ou de l’aide après l’accouchement. Situé à Montréal, le Centre conseil grossesse est un des organismes qui se sont donné comme mission d’accompagner les jeunes filles aux prises avec ce problème (http://membres.lycos.fr/ccgpcc/index_f.htm). Station 7, fondé pour aider les résidents de la région de Châteauguay, en est un autre. On peut joindre cet organisme en s’adressant au groupe Jeunesse pour Christ Montréal, qui a un site Internet (http://www.jpcm.org/bienvenue.html).

 

Il existe aussi des ressources pour aider les jeunes mères à poursuivre leurs études, à trouver un logement ou de l’aide financière. Le groupe catholique Respect de la vie (RVME) a publié un bottin énumérant ces diverses ressources pour la région de Montréal. Parmi ces ressources, notons :

 

Centres d’hébergement :

Appartements Augustine-Gonzalez

Auberge communautaire Sud-Ouest

Chrysalide

Hébergement 9335

Jeunes mères Pointe-aux-Trembles

Maison Elizabeth House

Maison Adrienne-Pilon

Relais jeunes mères

Résidence Projet Chance

 

Institutions scolaires :

École secondaire Armand-Corbeil

École secondaire Elizabeth High School

École secondaire Mgr-Richard

École secondaire Rosalie-Jetée

 

Aide financière :

Allocations familiales de la Régie des rentes du Québec

Prestations pour enfants de l’Agence du Revenu du Canada

Programme « Apport » du ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille du Québec

 

Première page du journal

Page d'accueil

Haut de la page



[1]     Nathalie Bajos et ses collègues de l’INED sont cités à : http://www.sosfemmes.com/archives_bulletin_info/archives_2004.htm

[2]      Voir l’article du présent journal intitulé « La chasteté, une vision, une méthode ».      

[3]      Gérard Gosselin, Lettre à M. Michel Belzil, président de la Fédération québécoise des Municipalités, 15 septembre 2004.

[4]      Gérard Gosselin, Lettre à M. Michel Belzil, président de la Fédération québécoise des Municipalités, 15 septembre 2004.