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La
contraception au banc des accusés
Plusieurs méthodes contraceptives sont accompagnées d’effets secondaires. Ces risques sont acceptables si le bénéfice qu’on en tire est supérieur aux dangers potentiels qu’ils représentent. Tenant compte de ce principe, notre société devrait donc se poser la question suivante : vaut-il la peine que nous incitions les jeunes à avoir une vie sexuelle active si nous ne pouvons leur proposer des méthodes contraceptives sécuritaires?
Par exemple, les méthodes contraceptives ne sont pas toujours bien utilisées par les adolescents. Les professionnels de la santé ont donc tendance à recourir à des méthodes de plus en plus drastiques. Malheureusement, les effets secondaires de ces méthodes plus puissantes, sont aussi plus importants que ceux des contraceptifs classiques; en outre, ils ne sont pas toujours entièrement connus. C’est le cas des injections de Depo-Provera
[1] et de la pilule du lendemain.
Le Depo-Provera a été employé pendant longtemps pour empêcher les
déficientes intellectuelles de devenir enceintes. Ce n’est que récemment qu’on l’utilise
à grande échelle dans la population générale. Le médicament a toujours été
connu pour sa capacité d’interrompre le cycle menstruel et pour ses nombreux
effets secondaires : prise de poids, maux de tête et de ventre, acné, etc.
Certains scientifiques avancent de plus que ce médicament pourrait causer de
l’ostéoporose à long terme. Enfin, une recherche récente[2] a
démontré un risque accru d’infections transmissibles sexuellement (ITS) chez
les utilisatrices de Depo-Provera par rapport à celles
qui n’emploient pas une méthode hormonale. Le mécanisme demeure inconnu. L’étude, parue au mois
de septembre 2004 dans le Journal of the
American Sexually Transmitted Disease, aurait révélé que les utilisatrices
risquent presque trois fois plus (300 %) d’être infectées par la chlamydia
ou la gonorrhée.
La pilule du
lendemain est aussi associée à un risque accru de maladies par rapport à celle
qui est prise quotidiennement[3].
D’autres recherches rendent compte aussi de découvertes inquiétantes.
L’utilisation régulière de contraceptifs oraux serait reliée à la vestibulite,
une affection d’étiologie jusqu’ici inconnue et qui donne des douleurs à la
femme lors des rapports sexuels. Le syndrome touche surtout les jeunes femmes.
Selon l’étude parue dans The American
Journal of Epidemiology[4], ce sont des chercheurs du Québec qui
auraient trouvé que les utilisatrices de la pilule contraceptive seraient
presque sept fois plus à risque de développer une vestibulite que les femmes
qui n’en ont jamais pris. Ce risque serait accru lorsque la durée
de l’utilisation dépasse 4 ans. Il serait aussi neuf fois plus élevé chez les adolescentes qui
ont commencé à utiliser la pilule avant l’âge de 16 ans. Enfin, le risque
serait plus grand avec les produits ayant un rapport progestatif/ostrogénique
élevé. Interviewée par le Reuters Health[5],
[1]
C’est le nom qui est le plus connu du public pour désigner l’acétate de
médroxyprogestérone administré en injection intramusculaire à tous les trois
mois.
[2]
Rapporté d’après : Rubin (R.), “Contraceptive is linked to high STD risk”,
La portée de cette recherche est limitée
toutefois, puisqu’elle a été effectuée sur un petit nombre de personnes
(819 femmes de 15 à 45 ans) et qu’elle n’a pas été aléée (N.B. randomisée est
un anglicisme; on peut dire aussi « hazardée »).
[3] Pour une discussion détaillée sur ce sujet, voir : Robillard (Dr M.), Douze questions à se poser avant... , Longueuil, Éditions Ministères Multilingues, 2003, p. 63-65.
[4] Bouchard (C.), et al., “Use of Oral Contraceptive Pills and Vulvar
Vestibulitis: A Case-Control Study”, American Journal of Epidemiology,
August 2002, 156:254-261.
[5] (Painful Sex Possibly Linked to Pill in Some Women”, http://preventdisease.com/news/articles/painful_sex_pill.shtml