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Grossesse et avortement

 

Vos réponses à notre sondage

 

N.B. Le présent sondage n’est pas un exercice professionnel. Il est effectué strictement pour le bénéfice de nos lecteurs.

 

Quelques données sur le sondage

Le sondage a été en ligne pendant un an. Nous avons compilé les réponses reçues de la mi-janvier 2005 à la fin décembre 2005. Les répondants n’ont pu être influencés par les articles du présent numéro de notre journal, puisqu’il est paru en mars 2006. Les personnes qui ont rempli le sondage (474 personnes) ont en majorité de 18 à 25 ans (46 %) et sont principalement des filles (69 %). Les adolescents représentent 36 % des répondants. De plus, 70 % des filles qui ont répondu à ce sondage n’ont jamais été enceintes.

 

Une même pensée

Nous avons compilé séparément les réponses des garçons et celles des filles. Il est frappant d’observer que les garçons et les filles donnent souvent la même réponse, indépendamment de leur sexe. En effet, dans l’ensemble, la perspective des deux groupes est très semblable.

 

Les soucis d’un père ou d’une mère ado

Seulement 14 % des filles et 15 % des garçons considèrent qu’une grossesse à l’adolescence peut être un événement réjouissant. Ces chiffres corroborent tout à fait les données tirées de recherches canadiennes et américaines. Également, 16 % des filles et 19 % des garçons pensent qu’il est facile d’élever un enfant à l’adolescence.

 

L’interruption des études, la fatigue et l’absence de loisirs ainsi que la pauvreté et la perte du partenaire sont des thèmes qui préoccupent les répondants dans des proportions quasi égales (de 16 % à 20 % pour chacun des points évalués). La violence et la maladie ne préoccupent qu’une petite partie des jeunes, avec environ 5 % et 4 % respectivement, chez les garçons comme chez les filles.

 

L’avortement

La majorité des répondants (44 % des filles et 50 % des garçons) croient « énormément » que « l’avortement est un problème moral avant tout ». Les autres personnes qui ont répondu au sondage sont partagées en deux entre « passablement d’accord » et « pas du tout d’accord ». Si la moitié des répondants considèrent l’avortement comme un problème moral majeur, il semble que la manière de l’aborder s’éloigne de l’absolutisme. En effet, en répondant à une question d’ordre pratique comme « Une adolescente enceinte qui n’a pas fini ses études devrait-elle se faire avorter ? », seulement 25 % des filles et 37 % des garçons répondent un « non » catégorique. La majorité (61 % des filles et 48 % des garçons) disent que la décision de recourir à l’avortement repose sur d’autres facteurs.

 

Quelle que soit leur interprétation de la question posée, il est clair que la poursuite des études est loin d’être la raison première pour justifier un avortement. En effet, seulement 14 % des répondants des deux sexes ont dit « oui » à cet énoncé. Plusieurs spécialistes croient, cependant, que la poursuite des études est la motivation principale chez les 15-19 ans. Il faut dire que la majorité de nos répondants sont un peu plus vieux.

 

Les répondants connaissent très mal les données québécoises sur l’avortement. Ils pensent généralement (62 % des filles et 57 % des garçons) que les adolescentes âgées de 15 à 19 ans sont responsables de la majorité des avortements. Cette conviction est plus marquée chez les répondants âgés de 15 à 19 ans; viennent ensuite les 20 à 24 ans, les 25 à 29 ans, etc. La même distribution des réponses est observée pour la question « Dans quel groupe d’âge l’avortement est-il à la hausse au Québec ? » Ces perceptions sont erronées, puisqu’en réalité, au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord, ce sont les femmes âgées de 20 à 24 ans qui se font le plus avorter et puisque le taux d’avortement n’est pas à la hausse chez les jeunes de 15 à 19 ans. Un graphique illustre très bien ces données à la page 89 du chapitre 5 du Bilan 2005 de La situation démographique au Québec (http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/demograp/pdf2005/Bilan2005c5.pdf). En réalité, les femmes âgées de 15 à 19 ans n’occupent que la troisième position. Les adolescentes sont donc loin d’être les seules à interrompre volontairement leur grossesse.

 

Les répondants ont aussi tendance à croire que l’avortement laisse des séquelles physiques importantes. En effet, 50 % des garçons et 60 % des filles pensent que l’avortement laisse « passablement » de séquelles, et 24 % des garçons et 21 % des filles pensent qu’il laisse « énormément » de séquelles physiques. Encore plus de répondants disent que l’avortement laisse des séquelles psychologiques. Dans ce dernier cas, la majorité pense que l’avortement laisse « énormément » de séquelles psychologiques et le quart, qu’il en laisse « passablement ».

 

Nous partageons pleinement l’opinion des répondants sur les séquelles psychologiques, mais nous nous étonnons de leur réponse à propos des problèmes physiques. En effet, même si l’avortement est parfois suivi de complications, il est généralement pratiqué de façon sécuritaire. Le fait que plusieurs personnes croient qu’un avortement peut être dangereux pour la santé reflète, sans doute, une certaine propagande indiquant que l’interruption volontaire de grossesse pourrait être liée à des problèmes à long terme (cancer, stérilité, etc.). Les études qui ont avancé ces hypothèses n’ont pas encore été confirmées par d’autres recherches. Pour l’instant, il s’agit uniquement d’observations préliminaires. Nous ne disons pas cela pour défendre l’avortement, mais pour rétablir les faits.

 

L’adoption ou la prévention des grossesses ?

87 % des filles et 72 % des garçons qui ont rempli notre sondage disent connaître d’autres solutions que l’avortement pour ceux et celles qui ne désireraient pas garder l’enfant. Pensaient-ils à l’adoption ou avaient-ils en tête qu’il vaut mieux prévenir à l’aide de moyens contraceptifs ou de l’abstinence ? Le sondage n’était pas assez détaillé pour fournir une réponse à cette question.

 

Encore la coopération

La dernière question du sondage nous rappelle ce que nous avions observé dans les précédents sondages : la génération Y – celle de la majorité des répondants – croit fermement à la coopération des deux sexes. Ainsi 84 % des filles et 85 % des garçons estiment que le couple doit décider ensemble si oui ou non la mère gardera l’enfant. Seulement 14 % des filles et 12 % des garçons croient que la mère est la seule à pouvoir choisir si elle se fait avorter ou non. On est loin, ici, du discours féministe radical qui avait cours il y a quelques années. Reste à savoir si cette volonté des garçons et des filles de laisser l’homme participer à la décision amènera les jeunes pères à prendre davantage leurs responsabilités face au soutien financier de la famille et à l’éducation de l’enfant.

 

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