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Témoignage de Tania
Enfant, je n’étais pas heureuse et je me sentais déconnectée de mes parents. Mon père était souvent parti par affaires et ma mère était fermée émotionnellement. J’étais aussi déconnectée de mes sentiments. Je n’avais pas beaucoup d’amis, car nous déménagions souvent. Étant un garçon manqué, je n’arrivais pas à me faire d’amies et je ne plaisais pas aux garçons. Je voulais des amis et je me sentais seule. Ma mère parlait parfois de Dieu, et je croyais en cette entité appelée Dieu, mais je ne savais rien de Jésus ou du Saint-Esprit. Je me souviens d’avoir prié pour recevoir de l’aide et de ne pas avoir entendu de réponse.
Autour de 18 ans, j’étais fatiguée de ma misère, j’en voulais à Dieu et au monde. Il fallait que je trouve quelque chose afin d’anesthésier ma douleur. Je suis donc devenue rebelle et j’ai commencé à boire jusqu’à l’état de stupeur. Je trouvais aussi une satisfaction malsaine dans la pornographie homosexuelle masculine. De plus, je suis devenue boulimique. Une mauvaise estime de moi m’empêchait de faire confiance aux autres et de m’ouvrir à eux.
Après plusieurs années sur le marché du travail, une fille à mon nouvel emploi m’a invitée à l’occasion de l’Action de grâces. Ceci ouvrait la porte à une amitié possible, et j’étais désespérée. Après cette invitation, je planifiais mes pauses pour être avec elle, je lui envoyais des courriels et je lui achetais des présents. Mais elle ne me rappelait pas lorsque je lui téléphonais. J’ai donc décidé de rompre notre relation, en disant à cette fille qu’elle n’était pas gentille de m’ignorer ainsi.
Je me suis alors tournée vers une autre fille afin d’être consolée. Et après avoir échangé à quelques reprises avec elle, nous sommes arrivées à la conclusion que j’aimais les filles. J’aimais aussi les garçons et je ne voulais pas avoir de relations sexuelles avec les filles. Nous avons essayé de comprendre. Étais-je un homme pris dans un corps de femme? Mon esprit était-il bisexuel? Quelle était mon identité? J’étais confuse et frustrée, mais au moins je ne niais plus le fait que j’aimais les filles. En considérant mon passé, j’ai constaté que j’étais attirée par les filles depuis longtemps. Toutefois, je ne voulais pas être considérée comme gaie.
Deux choses étranges sont alors arrivées à ce moment de ma vie. Premièrement, quelque chose me disait que je ne boirais plus. Rien d’audible, seulement une forte impression qui m’est venue. Je pensais perdre une partie de mon identité. Je faisais le deuil, parce que pour moi boire me permettait de m’évader. Lorsque j’étais ivre, je pouvais être n’importe qui. Après un moment de sobriété, j’ai voulu être certaine que la boisson, c’était bien terminé pour moi. J’ai donc décidé de faire un test. J’ai essayé de boire mais, après le troisième verre, je ne pouvais plus continuer. La seconde chose qui s’est produite, c’est que j’ai eu envie d’aller à l’église. C’était VRAIMENT ÉTRANGE. Je n’étais jamais allée à l’église de ma vie. J’en ai discuté avec quelqu’un qui m’a parlé d’une église très moderne et ouverte : Willow Creek. Mais je n’ai rien fait.
La semaine suivante, j’ai vécu une période de colère épouvantable. Je repoussais tout le monde autour de moi et j’ai senti que je tombais en dépression. La solitude me rendait folle. Après environ un mois, j’ai finalement craquée. Je désirais parler avec quelqu’un, mais je m’étais isolée. J’ai finalement cédé à l’envie de pleurer. Je n’avais jamais pleuré de la sorte auparavant. Là, dans mon lit, je croyais qu’il n’y avait plus d’espoir. Lorsque je regarde en arrière, je comprends que j’étais dans cet état parce que Dieu m’avait enlevé tous les moyens qui me permettaient de contrôler ma vie. En effet, j’avais cessé de boire, et mon appétit était diminué par la dépression.
J’étais tellement désespérée que j’ai communiqué avec une fille avec qui j’avais brisé toute relation. Ella a paniqué devant mon désespoir, pensant que je voulais attenter à mes jours. Elle a averti l’hôpital en disant que j’étais suicidaire. L’ambulance m’y a amenée pour évaluation. J’appréciais toute l’attention que je recevais. Cependant, après une période de trois heures, le médecin a déclaré que je n’étais pas dangereuse pour moi-même ou pour la société et que je pouvais retourner à la maison. J’étais prise de panique même si je me sentais mieux. La pensée de me retrouver seule m’effrayait, et je ne voulais pas attendre au lundi pour contacter l’intervenant que le médecin m’avait conseillé. Je suis allée voir l’infirmière de liaison, qui m’a dit « Je ne sais pas si tu es religieuse, mais il y a une église appelée Willow Creek, qui s’occupe beaucoup des jeunes. »
Les mots Willow Creek m’ont frappée comme une brique. Cette fois, j’étais prête à y aller! Le pasteur parlait des tempêtes dans nos vies et expliquait comment y faire face. Cela m’interpellait beaucoup, et j’ai laissé tomber mes résistances. J’ai compris que Dieu avait été présent tout au long de ma vie, mais que je l’avais ignoré et que j’avais ruiné mon existence. Je me suis sentie si petite, mais aussi tellement réconfortée. J’ai invité Dieu dans ma vie et je me suis repentie de l’avoir ignoré. J’ai découvert alors qui il était vraiment.
Je suis retournée dans cette église le week-end suivant et j’ai rencontré une jeune fille qui s’occupait d’un groupe de recherche de Dieu. Je me sentais à l’aise avec elle et attirée par elle. De plus, contrairement aux autres relations que j’avais eues dans le passé, elle semblait partager l’attention que j’éprouvais pour elle. Nous passions beaucoup de temps ensemble. Elle s’était aussi attachée à moi, mais elle connaissait la bonne chose à faire, car elle était déjà suivie en thérapie. Pour ma part, j’avais accepté Jésus, mais il ne faisait pas vraiment partie de ma vie. De plus, je ne pouvais pas accepter le fait que l’homosexualité était une mauvaise chose.
J’étais frustrée. Comment un Dieu d’amour pouvait-il aussi rejeter? J’étais en colère. J’étais attirée par cette fille et je voulais suivre Dieu. Après une bataille qui a duré deux jours, j’en suis venue à la conclusion que mes tendances n’étaient pas mauvaises et que j’allais convaincre cette fille qu’elle était dans l’erreur. J’allais la séduire et l’amener à penser comme moi. J’étais convaincue que l’homosexualité était de naissance. Cependant, c’est mon amie qui m’a fait entendre raison en me disant que l’homosexualité était issue de nos brisements. J’ai abdiqué en reconnaissant que ce que je vivais provenait de mes blessures. Alors je me sentis comme lavée par Dieu. Une nouvelle liberté s’installait au-dedans de moi. L’attirance pour cette fille s’est dissipée, et j’ai accepté la pensée de Dieu sur l’homosexualité. En effet, j’ai écouté des enseignements sur l’attirance envers le même sexe et j’ai compris que la guérison était un processus. Je ne devais pas avoir honte et je n’étais plus seule. Je n’essayais plus de comprendre si j’étais un homme dans un corps de femme. J’ai été créée par Dieu comme femme pour être avec un homme. Je suis devenue de plus en plus libre à mesure que j’ai laissé Jésus entrer dans ma vie et la gérer comme il le voulait.
La restauration a été intense au cours des deux années qui ont suivi ma conversion. Ce n’est pas parce que j’étais chrétienne que la vie était pour être parfaite, mais j’étais mieux équipée pour y faire face. J’avais le Saint-Esprit et une communauté qui me soutenaient. Je me suis engagée dans une thérapie, je priais et je pleurais beaucoup. J’ai creusé pour comprendre les racines de mon attirance envers les femmes et pour saisir mon identité sexuelle. J’ai compris que tout dépendait de ma relation avec mes parents, à une vue tordue de moi-même et à quelques mauvaises expériences avec les garçons. Je n’avais pas rejeté ma féminité, mais je m’étais tournée vers d’autres femmes afin de combler mes besoins émotionnels et relationnels. Aujourd’hui, je ne lutte plus avec cette attirance et je découvre progressivement qui je suis en tant que femme. Je continue à être restaurée. Cela demeure le processus de toute une vie.
Tania Quick