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Vos réponses à notre dernier sondage sur
Homosexualité et hétérosexualité
À quelques exceptions près, les résultats de
notre sondage sur l’homosexualité et l’hétérosexualité ne nous ont pas beaucoup
surpris. Ils confirment les données et les impressions que nous mentionnons
dans le présent numéro de notre journal. Le sondage a été en ligne pendant une
année. Nous avons compilé les réponses reçues de septembre 2003 à août 2004. Les répondants n’ont donc pas pu
être influencé par les articles de ce numéro de notre journal. Les personnes
qui ont rempli le sondage (505 personnes) sont plus jeunes que
d’habitude : 41 % sont âgés de 15 à 17 ans et 36 % de 18 à 25 ans. Autant
de filles que de garçons se sont intéressés à la question. Enfin, aucune
question du sondage ne portait sur les habitudes sexuelles des personnes qui
répondaient ni sur leurs convictions religieuses. Il semble cependant que les
personnes qui ont rempli le sondage ne prônaient certes pas toutes des valeurs
conservatrices. En effet, 12 % d’entre elles disent que la société devrait
autoriser les mariages polygames.
Fiers de leur identité?
Nous avons constaté que les
répondants perçoivent que les hétérosexuels sont plus fiers de leur identité
sexuelle que les homosexuels. En effet, nos répondants perçoivent que 75 % des
hétéros sont « très fiers » de l’être et que 21 % sont
« passablement fiers » alors que dans le cas des homosexuels, il est
perçu par seulement 24 % des répondants qu’ils sont « très fiers » et
par les deux tiers qu’ils sont « passablement fiers ». Nous pouvons
donc nous demander à quel point les manifestations pour la fierté gaie reflètent
vraiment une réalité. N’est-ce pas là plutôt une action entreprise pour
rehausser une estime de soi déjà blessée quant à son identité sexuelle? Nous
pouvons aussi nous dire que l’identité hétérosexuelle résiste malgré toutes les
blessures infligées à l’image du couple hétérosexuel.
Quelle identité?
À la question «
Qu’est-ce qui caractérise l’homosexualité? », les gens ont répondu en
grande majorité « le libertinage » et « plusieurs
partenaires ». Bien que pour cette question il y avait plusieurs réponses
possibles, seulement 3,82 % ont dit que la « fidélité » est une
caractéristique de l’homosexualité et seulement 2,77 % ont évoqué le
« mariage ». Les gens perçoivent donc généralement que les couples
homosexuels sont très instables. D’ailleurs, à la question « Les
homosexuels sont-ils généralement stables? », 56 % répondent « pas du
tout » et 38 % « assez stables ».
À la question « Qu’est-ce qui
caractérise l’hétérosexualité? », on dénote un certain flou. En effet, les
réponses sont partagées entre « le mariage » (23 %), les enfants (24 %) et la fidélité (18 %).
L’« union libre » obtient 5 % des réponses et « plusieurs
partenaires », 3 %. Visiblement, les gens ont du mal à définir
l’hétérosexualité à partir de cette question, qui offrait pourtant plusieurs
choix de réponses. Pour ce qui est de la stabilité des couples hétéros, les
gens perçoivent qu’elle est précaire. Mais, comme le montrent aussi les
recherches, nos résultats rapportent tout de même une plus grande stabilité
chez les couples hétérosexuels que chez les unions homosexuelles. En effet, en
réponse à la question « Les hétérosexuels sont-ils généralement
stables? », notre questionnaire rapporte que 32 % des hétéros ne sont
« pas assez stables » et que 63 % sont « assez stables ».
Tolérance
Nous avons aussi observé encore une certaine
intolérance face à l’homosexualité. En effet, 52 % considèrent que la société
est « trop tolérante », 34 % « pas assez » et 14 %
« juste assez ». Mais ici, nous n’avions pas défini la notion de
tolérance. En tout cas, 66 % des gens estiment que la question du mariage
des homosexuels est trop médiatisée et 56 % disent que la société ne fait pas
assez la promotion de l’hétérosexualité.
Les enfants
Les deux
tiers des personnes qui ont rempli le sondage sont catégoriques : les
homosexuels ne devraient pas avoir d’enfants, que ce soit par adoption ou par
des méthodes artificielles; 13 % disent « peut-être » et 20 %
répondent « oui ». Par ailleurs, la dénatalité inquiète plusieurs
personnes : 63 % estiment que les hétéros devraient avoir plus d’enfants,
21 % répondent « peut-être ».
La thérapie
À la question « Devrait-on aider
davantage les couples homosexuels en difficulté? », 39 % estiment que
« oui » et 44 % disent « peut-être ». Pour ce qui est des
hétéros, 82 % réclament de l’aide et 11 % disent « peut-être ». Cette
question a sans doute été comprise dans le sens d’aider les couples à résoudre
leurs problèmes conjugaux et à rester ensemble.
Une autre question explorait la notion du
changement d’orientation sexuelle. La question « Doit-on laisser un
homosexuel devenir hétéro? » a d’ailleurs obtenu le plus haut taux de
réponse. En effet, plus de 91 % des gens répondent « oui ». Par
contre, seulement 38 % des personnes estiment qu’on devait laisser un
hétérosexuel devenir homosexuel. L’asymétrie est remarquable. Toutefois, la
situation est différente dans les deux cas. En effet, le passage de
l’homosexualité à l’hétérosexualité se fait généralement par une thérapie,
tandis que le passage de l’hétérosexualité à l’homosexualité est souvent dû à
une combinaison de blessures dans les relations avec l’autre sexe et
d’occasions d’expérimenter les rapports sexuels avec le même sexe. Ceci
pourrait expliquer la différence de perception des deux situations. Mais
également, il se peut que les personnes qui ont répondu à nos questions aient
été majoritairement hétérosexuelles et qu’elles aient ressenti la nécessité
d’un certain protectionnisme pour faire face aux pressions des groupes
homosexuels.
L’information
Quant aux questions relatives à la cause de
l’homosexualité et à sa prévalence dans la population, notre sondage rapporte
que les gens sont généralement mal informés : 24 % croient qu’il y a une
différence génétique ou hormonale chez les homosexuels et plus de 65 % des gens
pensent qu’il y a 10 % d’homosexuels au sein de la population générale quand
les études rapportent un pourcentage beaucoup moins élevé (voir les articles
intitulés Qu’est-ce que l’homosexualité? et Peut-on soigner
l’homosexualité?).
Le mariage
Une majorité de personnes (57 %) estiment
que les questions entourant le mariage hétérosexuel ne sont pas assez
discutées.
Une morale sexuelle
Plus des deux tiers des participants
répondent que toutes les habitudes sexuelles ne sont pas admissibles parce
qu’il existe une morale sexuelle. Un peu moins du tiers estiment que c’est une
question de choix personnel.
L’inceste
La thèse voulant que l’inceste favorise le
développement sexuel des victimes est partagée par 9 % des personnes qui ont
rempli notre sondage. Les autres s’y opposent, mais seulement 68 %
comprennent que cet acte est traumatisant et qu’il doit relever du code
criminel.
En résumé, nos jeunes participants,
probablement en majorité hétéros, se sentent délaissés et aimeraient qu’on
s’occupe un peu plus d’eux. Ils ont du mal à se définir. Ils aimeraient avoir
de l’aide dans leurs relations amoureuses et entendre davantage parler de
mariage et de morale sexuelle. Ils pensent que les groupes gais font un peu
trop de tapage, mais ils sont généralement accueillants à leur égard.
Analyse faite
le 6 septembre 2004