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Dans cet article, monsieur Denis Bourget de
l’organisme Objectif Famille nous présente les efforts et les stratégies
déployées par le mouvement gai depuis quelques années.
Distinction
entre membres et activistes du mouvement gai
Avant
d’analyser la ligne d’action du mouvement gai, il est important de distinguer
les personnes vivant le style de vie homosexuelle d’avec les activistes
homosexuels qui font avancer la cause homosexuelle de façon proactive. Bon
nombre d’homosexuels essaient de vivre une vie aussi normale que possible, bien
qu’ils doivent lutter constamment avec le fait qu’ils appartiennent à une très
petite minorité. Par contre, les militants sont engagés dans une lutte pour
changer la société afin que la majorité des gens acceptent et soutiennent leurs
revendications, qui augmentent d’une victoire à une autre.
Historique
La présence
d’individus et même de groupes homosexuels dans la société existe depuis
longtemps. L’archéologie nous révèle que des communautés de ce genre existaient
chez les Cananéens, les Grecs et les Romains, par exemple. Depuis plusieurs
siècles, cependant, l’Histoire relève quelques cas isolés, mais ne mentionne
aucun mouvement comme nous le voyons maintenant, probablement parce que ce
style de vie n’a jamais été considéré comme bénéfique pour la survie et la
propagation des diverses civilisations.
Dans les
années 1960, il s’est produit au Canada un phénomène très important : la
révolution sexuelle. Poussée, entre autres, par le mouvement
« contre-culture » qui caractérisait la société occidentale, par la
promulgation d’une loi « sans faute » sur le divorce, qui facilitait
la fin légale des mariages et l’avènement de la pilule contraceptive, cette
révolution a entraîné l’élimination presque totale des contraintes sexuelles
traditionnelles.
Au Québec, on
parlait à cette époque de « l’amour libre », de la
« libération » de la femme et aussi de la « libération
homosexuelle »[1].
L’ensemble de ces phénomènes a créé un climat propice à la formation d’une communauté gaie, où les homosexuels se sont reconnus et
regroupés afin d’exercer un plus grand rôle dans la société. Cela était
dorénavant possible, puisque les grands taboux sexuels étaient tombés[2].
Durant les
années 1970 et 1980, le mouvement homosexuel a pris de l’ampleur et est devenu
une organisation, ce
qui a permis aux homosexuels d’acquérir plus de pouvoir et de développer
un plan pour légitimer leur conduite dans la société. Une fois organisé, le
mouvement s’est tourné vers la mobilisation, afin que les membres de la
communauté gaie adoptent une stratégie et un langage communs qui permettraient
à leur cause de sortir du domaine moral pour influencer l’opinion publique et
faire pression sur les tribunaux afin que des droits leurs soient reconnus.
Ainsi la propagande des gais a remporté un certain succès. Par exemple, malgré
le fait que les études scientifiques cherchant un gène pour expliquer
l’homosexualité se sont avérées non concluantes, la majorité des Canadiens
croient à tort que l’orientation sexuelle dépend des gènes, comme la couleur de
la peau, par exemple.
La fin du XXe
siècle et le début du XXIe siècle ont été marqués, quant à
eux, par une volonté de légitimation de
la part du mouvement homosexuel, où, forts de plusieurs victoires
juridiques, les activistes « reprogramment » la société pour corriger
de soi-disant « injustices ». Les personnes qui s’opposent à
leur argumentation sont alors accusées d’être haineuses et intolérantes.
L’article
intitulé La transformation de l’Amérique hétéro publié en 1987 par
les activistes M. Kirk et H. Madsen et le livre Après le bal [3]
des mêmes auteurs, sont considérés par plusieurs comme des ouvrages classiques
qui ont contribués à lancer le programme du mouvement homosexuel. Kirk et
Madsen établissaient dans leurs écrits une stratégie en six points qui visait à
changer la perception des Nord-Américains vis-à-vis du comportement homosexuel[4].
Ces points sont :
Nous devons
reconnaître que la ligne de conduite du mouvement homosexuel a été couronnée de
succès. Lorsque nous considérons les changements fondamentaux que les
activistes gais ont occasionnés, nous sommes portés à croire que l’étape de la légitimation atteindra aussi ses
objectifs. Pensons à la définition de la famille et du mariage, que les gais
veulent modifier. Par exemple, dans le district scolaire unifié de San
Francisco, la famille est définie comme une unité de deux personnes ou plus,
reliées par la naissance ou par choix, qui peuvent ou ne peuvent pas vivre
ensemble, qui essaient de satisfaire les besoins des uns et des autres et qui
partagent des buts et des intérêts [... ] [6].
On ne veut plus parler d’un père et d’une mère engagés dans une relation pour
la vie, c’est-à-dire dans le mariage, et qui élèvent leurs enfants. Cette
redéfinition de la famille est présentée aux jeunes de la maternelle et de la
première année afin de les « rééduquer ».
Au Québec, la
définition hétérosexuelle traditionnelle du mariage est en danger et est
menacée de devenir « l’union de n’importe quelles deux personnes qui
veulent cohabiter ». Si cela arrivait, il n’y aurait qu’un autre pas à
faire pour changer la définition en « l’union de personnes qui veulent
cohabiter ». En effet, George W. Dent Jr. a écrit dans le Journal of Law and Politics que si le
mariage de deux personnes du même sexe est sanctionné par le gouvernement,
alors il est à prévoir que les autres formes de mariages devront aussi être
sanctionnées i.e. la polygamie, l’endogamie (mariage entre frères et sœurs,
cousins et cousines germains), et le mariage avec des enfants[7].
Le Parlement, les tribunaux et le programme du
mouvement homosexuel
Est-ce que
« l’union d’un homme et d’une femme pour la vie à l’exclusion de tout
autre » considérée comme étant la définition du mariage au Canada par le
Parlement canadien en 1997 ne serait plus valable soudainement? Les militants
homosexuels emploient différentes stratégies pour faire changer les lois. L’une
d’elles est de passer par le processus démocratique, où les lois sont formulées
et votées par les parlements fédéral et provinciaux. C’est ainsi qu’ils ont
tout fait pour faire passer la loi 250 dans le but de faire modifier le code
criminel[8].
Une autre stratégie consiste à circonvenir ce processus en passant par les
tribunaux.
Les juges
canadiens sont de plus en plus favorables à la cause des homosexuels et rendent
des jugements qui font comme si les lois avaient déjà été modifiées par le
Parlement. Un exemple typique est la déclaration qui jadis avait été faite par
les tribunaux selon laquelle « l’orientation sexuelle » devrait être inscrite dans la Charte des
droits et libertés de la personne et selon laquelle on devait se comporter
comme si la Chartre avait déjà été modifiée, bien qu’aucun parlement n’ait rien
voté démocratiquement en ce sens. Concrètement, cela signifie que la Charte ne
représente plus la volonté du peuple et de ses élus, mais celle de quelques
juges. Une situation identique s’est reproduite au sujet de la définition du
mariage et du droit au mariage pour les conjoints de même sexe devant les
tribunaux de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Québec depuis deux
ans.
Parce que
l’opinion publique est partagée, les parlements ne semblent pas avoir la
volonté de s’opposer à la ligne d’action des activistes homosexuels avant
d’avoir l’opinion des tribunaux. Ainsi, le gouvernement canadien a demandé à la
Cour suprême de se prononcer sur quatre grandes questions, dont la définition
du mariage :
La famille traditionnelle, l’Église et le programme du
mouvement gai
Comment se
fait-il que les militants homosexuels débattent si souvent avec les
représentants de l’Église, surtout de l’Église évangélique, lorsqu’ils
défendent leurs revendications au sujet de la famille, du mariage ou d’autres
questions importantes? Parce que les familles traditionnelles et les églises
évangéliques sont sans doute les derniers obstacles avant leur victoire
définitive, puisque les médias, les gouvernements, la profession médicale, les
milieux universitaires et scolaires ainsi que l’opinion publique ont
majoritairement été gagnés à leur cause.
La
modification de la définition de la famille et du mariage est l’une des
questions qui opposent le mouvement gai à l’Église évangélique. Le but de cette
modification est de donner aux homosexuels la liberté de former la sorte
d’union qu’ils désirent en toute légalité afin qu’ils ne se sentent pas victimes
de discrimination. Un des premiers pas en ce sens a été d’acquérir le droit
d’adopter des enfants pour les couples gais, droit qui prive les enfants d’un
père ou d’une mère, puisque les « parents » sont du même sexe.
Les personnes
qui prônent la famille traditionnelle – c’est-à-dire un père et une mère
mariés et des enfants – comme étant la meilleure institution pour le
bien-être de toutes les familles du pays se trouvent en opposition directe avec
les militants homosexuels, qui veulent former des familles comme ils le
veulent. Déjà un couple de lesbiennes, dont l’une s’est faite inséminée, ainsi
que le père donneur veulent être déclarés les trois parents de l’enfant née de
cette intervention.
Jusqu’à
présent, les études sociologiques scientifiques ont donné raison aux familles
traditionnelles, surtout en ce qui concerne la santé physique, émotionnelle,
mentale et financière des enfants. Aucune étude scientifique valide et sérieuse
ne recommande un changement vers des parents gais. Cependant, il semble que le
désir des militants homosexuels de transformer la composition des familles
telles qu’elles existent depuis des millénaires est plus important que le
bien-être des enfants touchés par ce genre d’union[9].
Finalement,
la controverse au sujet de la loi 250 illustre bien la lutte qui existe entre
les milieux religieux catholiques et évangéliques[10],
d’une part, et les groupes de pression prohomosexuels, d’autre part. En effet,
si le projet de loi 250 n’avait pas été amendé au dernier moment, toute
déclaration faite par une personne ayant des convictions religieuses stipulant
que l’homosexualité est un péché aurait pu être reconnue coupable d’un crime
haineux et être passible d’une forte amende et ou d’une peine de prison sévère.
Le programme
du mouvement homosexuel ne sera complètement atteint que si l’Église ou tout
autre groupe de pression sont bâillonnés. En effet, devant les tribunaux
canadiens, quand le droit de liberté de religion, qui est enchâssé dans la
Charte, est mis en opposition avec le droit à l’orientation sexuelle, qui n’est
pas reconnu dans la Charte, les juges penchent souvent en faveur de la cause
homosexuelle qu’en faveur des valeurs traditionnelles. Il semble donc qu’il y
ait des citoyens plus égaux que d’autres au Canada. Ceux qui veulent que toute
la société soit tolérante envers eux sont plutôt intolérants envers tous ceux
qui ne partagent pas leurs opinions. L’idée d’accepter que des personnes ne
sont pas d’accord avec eux est tout à fait irrecevable pour eux.
Jusqu’où va
nous mener le militantisme homosexuel? Seul l’avenir nous le dira.
Denis Bourget
Objectif Famille
[1] Jeffrey Satinover, M.D., Homosexuality and the Politics of Truth, Baker Books, 1996, p. 14-15.
[2] A. Sears & C.Osten, «The Homosexual Agenda, Broadman & Holman Publishers», 2003, p. 14.
[3] Kirk M., Madsen H., After
the Ball: How
[4] A. Sears & C.Osten, «The Homosexual Agenda, Broadman & Holman Publishers», 2003, p. 14.
[5] Hogg RS, et al, Modeling the Impact of HIV disease on Mortality in gay and bisexual men, International Journal Epidemiology,1997; 26(3):657-61.
[6] Erwin W. Lutzer, TheTruth about Same-Sex Marriage, Moody Publishers, 2004, p. 26.
[7] George W. Dent Jr., “The
Defense of Traditional Marriage”, Journal
of Law and Politics, Vol. XV,
No. 4, automne 1999, 628-637.
[8] La loi 250 est un
amendement qui modifie le code criminel pour rendre passible d’amende et/ou de
prison toute propagande haineuse contre tout groupe identifiable qui se
différencie par son orientation sexuelle. Suite aux pressions des groupes
religieux, une exception a permis d’exclure les opinions fondées sur des
convictions religieuses et les textes religieux.
[9] A. Sears & C.Osten, The Homosexual Agenda, Broadman & Holman Publishers, 2003, p. 116.
[10] Il est
important de noter que les la majorités des Juifs orthodoxes et des Musulmans
se rangent du côté des chrétiens évangélique sur cette question.