Retour à la première page du journal
La peur, une stratégie efficace
Une
nouvelle étude démontre qu’une brève période d’information concernant les
risques liés au sexe non protégé serait plus efficace pour réduire les
activités sexuelles à risque chez les patients VIH positifs qu’une discussion à
propos des avantages du sexe protégé.
Cette
étude, publiée dans le Medical Journal AIDS au début de l’été 2004, a
été effectuée auprès de 585 personnes séropositives sexuellement actives, qui
étaient sous traitement ou qui cherchaient des conseils médicaux.
Deux
groupes de patients recevaient une information de 3 à 5 minutes. Le premier
était encouragé à s’engager dans des pratiques plus sécuritaires, le second à
éviter les pratiques dangereuses. Dans le premier groupe, on disait aux
patients que le sexe sécuritaire les protégerait contre d’autres MTS et
d’autres souches de VIH. Dans l’autre groupe, on disait que le sexe non protégé
les exposerait à d’autres MTS et d’autres souches de VIH.
Une
différence statistique importante a été observé chez les clients qui avaient 2
partenaires et plus. Dans le premier groupe, l’approche positive n’a entraîné
aucun changement de comportement, tandis que dans le second groupe, l’approche
négative a permis de réduire les pratiques dangereuses de 38 %.
Le docteur Jean L. Richardson de l’Université de Southern California (Los Angeles) indique que si on considère le sous-groupe des séropositifs utilisateurs de drogues, l’approche négative a permis une réduction de 58 % des relations non protégées.
Cette recherche est intéressante parce que l’on a souvent dit qu’il ne faut pas faire peur aux gens en faisant de l’éducation sexuelle. Plusieurs affirment aussi que la peur ne modifie pas les comportements et nuit à la liberté sexuelle. Cette recherche démontre le contraire. Le fait de donner des informations réalistes aide les personnes à prendre leur responsabilité.