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Témoignage de Claude

 

   Issu d’une famille où semblait régner l’amour et l’unité, nous étions régulièrement encouragés à remercier Dieu pour ce que nous avions. Nous n’étions pas nécessairement pratiquants, mais nous étions croyants. Il y avait une ouverture et une  liberté. Mon père était présent, mais il était incapable d’exprimer ses émotions; ma mère, quant à elle, cherchait à contrôler son environnement afin de contenir son insécurité. Voilà le milieu familial dans lequel j’ai grandi.

 

   Durant mon adolescence, je ressentais déjà une attirance pour les gens de mon sexe. Malgré des tentatives de fréquentation des filles et même quelques essais maladroits dans la sexualité, je demeurais plus attiré par les garçons. À cet âge de recherche et de confusion, je désirais être comme mon frère aîné, qui avait 14 mois de plus que moi. Mon désir de l’imiter me portait vers des activités typiquement masculines, telles le football, le baseball et des gangs de gars. Quelque chose en moi répondait mal à ces activités dans lesquelles je ne trouvais aucun plaisir. Plus tard, j’ai découvert que le désir profond de ressembler à mon frère provenait de mon envie de l’intimité qu’il partageait avec mon père.

 

   En dépit de mes efforts de vouloir faire partie d’un groupe de garçons, je restais un enfant rempli d’inaptitude et d’inconfort, incapable de former des amitiés avec les garçons. Je savais que j’étais différent. Après ma conversion de foi, durant ma restauration, au cours d’un temps de prière, j’ai questionné Dieu sur le sentiment intérieur qui m’habitait. J’avais la maturité émotionnelle d’un petit garçon de 12 ans dans le corps d’un homme de 36 ans. Le Seigneur m’a alors rappelé une situation que j’ai vécue lorsque j’avais 12 ans. Je jouais à l’extérieur avec mon frère quand notre père nous a demandé de rentrer à la maison afin d’expliquer pourquoi nous nous disputions. Les explications données, mon frère est retourné jouer dehors, tandis que j’ai été puni. À ce moment, j’ai exprimé mon mécontentement face à cette situation, que je trouvais injuste. Cependant, comme nous n’avions pas le droit de répondre à nos parents, j’ai reçu une correction physique.

 

   J’ai donc compris qu’à l’âge de 12 ans, mon âme meurtrie avait cessé de croître et de se développer. La séparation paternelle expliquait l’immaturité que je ressentais dans mon for intérieur. Étant un enfant très sensible, mon cœur de jeune adolescent a interprété l’événement comme une injustice, et j’ai alors choisi de me séparer émotionnellement de mon père. J’ai élevé un mur de protection entre lui et moi. Ce n’est pas que la correction ait été abusive, mais mon interprétation de cet épisode de ma vie en faisait quelque chose de douloureux. C’est pourquoi je devais me protéger afin de ne plus jamais vivre des situations similaires dans le futur. À cause de mon attitude, je ne pouvais plus recevoir tout ce que mon père aurait voulu me donner; ma relation avec lui, qui aurait pu être une source d’affirmation, de sécurité et d’amour, a été rompue ce moment.

 

   À cet âge crucial où je devais recevoir des paroles d’affirmation pour me définir en tant que personne et m’équiper afin de faire face aux différentes réalités de la vie, telles qu’entrer en relation avec les autres, je me retrouvais plutôt rempli de confusion. Le besoin d’intimité avec mon père, que je niais, créait en moi un vide et une insécurité dans ma masculinité. Ne sachant pas ce que je recherchais, je désirais être en contact avec d’autres garçons, mais ils me faisaient peur.

 

   Un soir où j’observais les sauveteurs qui travaillaient à la piscine du village, j’ai ressenti une attirance profonde pour eux. Tout à coup, j’ai été saisi par derrière par deux bras et j’ai été projeté au sol, comme pour jouer. J’ai senti qu’on touchait mes parties génitales. En me relevant, j’ai reconnu un homme plus âgé que moi, que j’avais déjà vu dans le village. C’est beaucoup plus tard, pendant ma restauration, que j’ai pu mettre des mots sur cette situation incongrue et enfin déclarer que j’avais subi une agression sexuelle. J’avais 12 ou 13 ans, il en avait plus de 30. Cette situation est venue accroître ma crainte des hommes et de l’autorité. Toutefois, le fait d’y avoir trouvé plaisir et d’avoir consenti à rencontrer cet homme à plusieurs reprises par la suite masquait la responsabilité et la profondeur de l’agression. Quelque chose en moi venait de se définir : c’est de cette façon que je recevrais l’amour et l’attention dont j’avais tant besoin.

 

   En considérant l’emprise émotionnelle que ma mère avait sur moi, j’ai conclu, dès mon adolescence, que les besoins affectifs féminins étaient insatiables et que je n’étais pas équipé pour y répondre. Cette constatation a produit en moi l’incapacité à faire confiance aux femmes; par contre, jumelée aux deux incidents cités auparavant, elle m’a permis de comprendre de mieux en mieux ce qui me poussait à rechercher des contacts sexuels avec des gens de mon sexe. J’essayais de combler au travers de comportements sexuels compulsifs mes besoins affectifs légitimes, qui n’avaient pas été assouvis. Cependant, ces comportements n’ont jamais su répondre à mes attentes. En effet, la satisfaction éphémère d’une relation sexuelle illicite laisse derrière elle une honte, une dégradation et une estime de soi amoindrie. Tout ce que ce style de vie m’a apporté pendant plus de 20 ans a été un simple lien d’appartenance à un groupe marginal, puisque je ne m’étais jamais senti capable d’entrer en compétition avec le reste de la société.

 

   Beauté et jeunesse réclament des places de choix dans le milieu gai; déjà, à l’âge de 35 ans, la peur de vieillir m’envahissait. Tout ce mélange de vie de rêve illusoire qui arrivait à sa fin m’a poussé à rechercher Dieu. J’étais un fruit mûr, prêt à tomber de l’arbre, et si le Père céleste n’était pas intervenu pour me cueillir, je serais toujours au sol en train de pourrir.

 

   Aujourd’hui, je comprends très bien ce qui m’a poussé dans l’homosexualité : le désir de réparer les manquements du passé, qui ont jeté sur moi des voiles de confusion, me portant à trouver dans un autre homme ce qui n’avait pas été affermi dans mon identité personnelle. Il y avait un vide dans mon intérieur que seul Dieu pouvait remplir et lorsque je l’ai invité à entrer dans mon cœur, j’ai reçu la pleine conviction que mon style de vie homosexuel ne lui plaisait pas. Au travers d’une période de thérapie, et armé de cette nouvelle conviction, j’ai cherché comment répondre à mes besoins émotionnels. C’est en lisant des livres de Leanne Payne, tels que L’image brisée et La crise de la masculinité, ainsi que le merveilleux livre d’Elizabeth Moberley, intitulé Homosexuality, A New Christian Ethic, que j’ai commencé à démystifier la problématique de l’homosexualité.

 

   Mes lectures m’ont aidé à saisir la pensée de Dieu sur l’homosexualité. Il ne condamne pas la condition de la personne qui lutte avec de telles tendances, il lui offre sa grâce. Toutefois, il condamne l’acte homosexuel, qui est en soi une façon pour l’être humain de rechercher à combler par lui-même ses propres besoins et de ne pas regarder à Dieu pour y répondre.

 

   La conviction que je ne serais jamais seul et que Dieu ne m’abandonnerait jamais m’a permis de persévérer au travers de ma restauration. Aujourd’hui, je ne suis plus attiré par des personnes de mon sexe, car mon identité est continuellement affermie par mon Père céleste. De même, ma peur des hommes est partie. Cependant, j’ai encore des craintes face à l’intimité avec les femmes. Cet aspect de ma vie n’est pas encore complètement restauré. Mais tout est possible à Dieu.

 

   Je demeure constamment disponible afin de proclamer l’espérance de restauration en Jésus-Christ aux personnes qui désirent vivre une libération de l’homosexualité. Dieu m’a appelé à me tenir debout pour la vérité.

 

Claude Provost

 

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