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Encore du nouveau sur les MTS

 

 

Faut-il redouter le streptocoque du groupe B ?[1]

Il y a une quinzaine d’années, j’ai reçu le résultat d’une culture vaginale indiquant la présence du streptocoque du groupe B chez une de mes patientes. C’était le début de l’ère des ordinateurs. Un confrère déjà équipé (Internet n’existait pas encore) m’invita à fouiller dans la plus grosse banque de données scientifiques qui existait à l’époque. Nous avons alors sauvegardé plusieurs articles sur le sujet. Ma conclusion fut rapide. Les scientifiques ne savaient pas encore quoi faire avec ce microbe. Eh bien ! ils viennent de conclure qu’il faut traiter et éliminer cette bactérie chez les femmes enceintes.

 

Nous savons maintenant que le streptocoque B est très dangereux pour l’enfant d’une mère porteuse. Lors de l’accouchement, 40 % à 50 % des bébés peuvent être colonisés et environ 1% des enfants colonisés deviennent infectés. Au cours de la première semaine de vie, le nourrisson peut présenter des signes de septicémie ou de pneumonie. À cet âge, ces maladies sont souvent mortelles ou laissent de graves séquelles. Le microbe peut aussi donner une méningite avant ou après la première semaine de vie.

 

L’ennui, c’est que la bactérie ne disparaît que temporairement lorsqu’on traite avec des antibiotiques et que son dépistage n’est pas facile à faire.  Donc, les spécialistes suggèrent à présent que des cultures vaginales et rectales soient faites à toutes les femmes enceintes pour rechercher cette bactérie afin de donner des antibiotiques à la fin de la grossesse aux femmes porteuses. Le problème n’est pas simple, puisque, généralement, il est préférable de ne pas donner d’antibiotiques aux femmes enceintes. De plus, on observe que le streptocoque du groupe B est de plus en plus résistant aux antibiotiques donnés aux personnes allergiques à la pénicilline[2].

 

Autrefois, des textbook de médecine (comme Holmes, Mardh, Sparling et Wiesner, Sexually transmittd diseases, McGraw-hill, 1984, 1079 p.) mentionne ce microbe parmi les MTS. Le strep B n’est plus considéré aujourd’hui comme une MTS. Lorsqu’elle est acquise,  cette bactérie fera partie de la flore intestinale et/ou vaginale des individus colonisés. Lors d’un bilan de MTS, on ne fait pas de culture systématique pour déceler la présence ou non de cette bactérie.

 

 

 

 

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[1]    Énoncé de recommandation du groupe de travail canadien sur les soins de santé préventifs, « Prévention de l’infection à streptocoque du groupe ß-hémolytique (strept. Groupe B) chez les nouveau-nés », Le Médecin de famille canadien, vol 48, mai 2002, p. 944-946.

[2]    Environ 20 % de la population est allergique à la pénicilline. De 3 % à 16 % des souches du microbe sont résistantes à l’érythromycine et à la clindamycine.