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Vos réponses à notre dernier sondage sur
La difficulté à parler de la chasteté
Les
répondants :
· Durée du sondage : 10 mois;
· Nombre de participants : 2 340;
· Âge des participants : - 40 % (18 à 25 ans)
- 36 % (11 à 17 ans)
- 24 % (> 25 ans);
· Répartition selon le sexe des participants : - filles : 57 %
- garçons : 43%;
· Résultat du sondage : - pour la chasteté : 61 % des répondants
- contre la chasteté : 39 %.
Résultats :
Ø Avec qui parle-t-on de sexualité?
· 83,6 % préfèrent en parler avec leurs amis.
· 8 % parlent de chasteté avec leurs parents.
· 1,3 % seulement en discute avec les professeurs.
Ø
On n’est pas très à l’aise de parler de chasteté.
· 49 % des répondants ne sont pas du tout ou sont passablement à l’aise avec le sujet.
· Dans 29 % des cas, l’interlocuteur n’est pas du tout réceptif.
· Dans 47,5 % des cas, il est passablement réceptif.
Ø
La discussion est à sens unique.
· 69 % des personnes cherchent à prouver leur point et n’écoutent pas les arguments de l’autre.
· 20 % sont mal informés.
Ø
La chasteté est un sujet relativement chaud.
· La discussion devient trop émotive dans seulement 11 % des cas;
· toutefois, 74 % des répondants ressentent intérieurement beaucoup ou passablement d’émotions.
Ø Les sentiments les plus souvent associés à la chasteté :
· fierté : 16,6 %,
· curiosité : 15 %
· gêne : 14,9 %.
Ø
La cause du tabou ressenti envers la chasteté.
· 43 % des répondants pensent que la libération sexuelle apporte le bonheur.
· 24 % ne veulent pas être contrôlés par l’Église.
· 18 % ne veulent pas changer leurs habitudes.
· 15 % n’aiment pas se sentir accusés.
Ø
On se respecte.
· 68 % de ceux qui sont pour la chasteté respectent l’opinion de l’autre
· 80 % de ceux qui sont contre la chasteté respectent l’opinion de l’autre.
Ø
Place à l’amélioration dans le débat.
· 92 % pensent qu’on pourrait probablement ou certainement parler plus ouvertement de la chasteté.
Ø Comment améliorer les choses.
· 43 % des répondants croient qu’on devrait mieux informer les gens.
· 34 % estiment qu’il faut prendre conscience de nos émotions.
· 22 % pensent qu’il faut parler des blessures du passé.
Commentaires :
C’est la première fois que nous avons autant de participants à notre sondage, sans doute parce qu’il est demeuré en place plus longtemps que les sondages précédents. 2 340 répondants, c’est un bel échantillon!
Je ne suis pas étonné de voir que les amis sont les confidents privilégiés pour parler de sexualité. Pas de surprise également de voir que les parents viennent au second rang, car ce sont là deux faits démontrés par des chercheurs américains et canadiens-anglais. Cependant, la proportion de personnes qui se confient à des amis est beaucoup plus élevée dans le présent sondage que dans les études officielles. Il semble qu’au Québec, on échange rarement avec les parents et encore moins avec les professeurs. Internet permet à 7 % de nos répondants d’échanger sur la sexualité. C’est sans doute intéressant pour ceux qui n’ont pas d’amis ou qui aiment bavarder sur le Net.
Le sondage révèle ce que nous avions pressenti : la chasteté est un sujet chaud; plusieurs personnes ressentent un certain malaise face à cette façon de vivre sa sexualité. Malgré cela, notre société est profondément tolérante. On s’intéresse à la différence qu’on perçoit chez l’autre. On est curieux ou on a peur, mais pas indifférent. Malheureusement, on est trop souvent sur la défensive et pas assez à l’écoute.
On veut améliorer notre capacité de parler de la chasteté. L’information est nécessaire, mais une saine prise de conscience des émotions liées à nos valeurs ou encore à un passé collectif ou individuel qui a laissé des marques est aussi essentielle. Ainsi, plus d’un demi-siècle après la chute de l’emprise du catholicisme sur la société québécoise, le quart des gens ont encore peur du pouvoir excessif de l’Église sur la vie sexuelle. À mon avis cela explique, en partie du moins, pourquoi on ne veut pas analyser objectivement les résultats de la révolution sexuelle. On se cantonne dans notre idée qu’elle a apporté le bonheur et on évite de se remettre en question. En somme, il faudrait peut-être reconsidérer certaines blessures et cesser d’être en réaction avec le passé. C’est le seul moyen qui nous permettra d’être une société plus adulte demain.
MR
– analyse faite le 16 janvier 2003