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La sexualité dite « protégée » [1]
Marlène, la professeure de FPS (formation
personnelle et sociale) de Josiane souhaite que ses élèves se protègent
lorsqu’ils choisissent d’avoir des relations sexuelles. À l’aide d’un manuel
scolaire de quatrième secondaire[2],
l’enseignante va leur parler aujourd’hui des responsabilités associées à une
relation sexuelle. De nombreux concepts reliés au comportement sexuel et
amoureux ont été abordés lors des leçons antérieures. Ce matin, la professeure
compte parler uniquement des moyens contraceptifs et des condoms.
Marlène résume les divers moyens
contraceptifs à l’aide d’un tableau présenté dans le livre de FPS. On y décrit
les méthodes dites naturelles, efficaces contre les grossesses à 70 % environ.
Vient ensuite le condom, efficace à 90 %, le stérilet à 96 % et la pilule à 99
%. Mais tout le monde sait déjà cela dans la classe!
On parlera donc davantage des MTS. La
réalité décrite dans le manuel n’est pas très rassurante. On y voit la tête de
petits microbes remplis de vices et de rage. Le texte n’est pas plus
encourageant. On apprend que les MTS sont à la hausse et qu’on ne dispose
d’aucun remède efficace contre certaines de ces maladies. Quant à l’efficacité du condom à protéger contre les MTS, ce
n’est pas extraordinaire. Les auteurs du livre sont très clairs : En fait, il n’y a qu’un seul vrai moyen
d’éviter tout risque de transmission, c’est l’abstinence sexuelle complète. On
remarque d’ailleurs chez bien des jeunes cette attitude de réserve et d’attente
face aux relations sexuelles.
À ceux qui choisissent d’être actifs
sexuellement, on dit que le condom peut
offrir une protection efficace contre les MTS. Il doit être bien installé […]
avant toute relation sexuelle. Mais, en fait, les auteurs du livre parlent
de réduire les risques d’attraper une MTS,
pas de les éliminer totalement. Ils préviennent également que cet outil n’offre
aucune protection pour les contacts sexuels extragénitaux. Marlène n’insiste
pas sur ces faits, car elle ne veut pas effrayer les jeunes.
Maintenant que la professeure a
transmis plein informations, comment va se dérouler le reste du cours de FPS?
Marlène est convaincue que plusieurs jeunes de sa classe sont déjà actifs
sexuellement. Désirant leur éviter des problèmes comme les grossesses
indésirées, elle décide de faire la promotion des condoms et des méthodes
contraceptives sans trop s’attarder aux mises en garde des auteurs du livre de
FPS.
***
Pensons maintenant aux conséquences de l’approche de
Marlène. Précisons qu’elle n’a pas de mauvaises intentions. Toutefois, elle a
tendance à oublier de faire la promotion de l’abstinence. Elle explique surtout
aux jeunes pourquoi il faut utiliser des méthodes contraceptives et comment le
faire. Elle leur indique où se rendre pour obtenir des services médicaux. Puis,
une discussion permet aux jeunes de partager leurs expériences, de sorte que
ceux qui n’ont pas encore eu de relation sexuelle en entendent parler par leurs
camarades. On comprend alors que la promotion des méthodes visant à réduire les
risques devient, en quelque sorte, un moyen d’incitation aux activités
sexuelles. D’ailleurs, des chercheurs ont démontré que la hausse du taux
d’activité sexuelle chez les jeunes a suivi plutôt que précédé la promotion des
moyens contraceptifs.
Mais ce n’est pas tout. Rien ne dit que les jeunes
iront se procurer des contraceptifs et des condoms à la suite à l’enseignement
de Marlène. En fait, seulement la moitié de ceux qui auront choisi d’être
actifs sexuellement s’en procureront. Parmi les filles qui prendront la pilule,
la moitié l’abandonneront et le tiers ne la prendront pas de la manière
prescrite. Voilà pourquoi la promotion de ces méthodes n’a jamais fait reculer
le taux de grossesse chez les adolescentes. Mais cela Marlène ne le sait pas. Elle
est professeure de français. L’enseignement de la sexualité n’est pour elle
qu’une tâche secondaire.
Marlène ne connaît pas davantage la véritable
efficacité des condoms à prévenir les MTS. À la fin de son cours, les élèves
ont l’impression qu’elle est de 90 %. Mais cela, c’est l’efficacité à prévenir
les grossesses, pas les MTS ! Or, ni le livre de FPS ni Marlène n’ont indiqué
aux jeunes que les condoms ne protègent pas du tout contre diverses MTS comme
le virus du papillome humain (VPH), qui cause le cancer du col de l’utérus.
C’est triste, tout de même, de voir mourir des femmes d’une maladie qu’elles
auraient pu éviter!
Chasteté-Québec croit qu’une information juste doit
être transmise aux jeunes et à leurs parents par le réseau officiel d’éducation.
On devrait insister beaucoup plus sur les multiples avantages de l’abstinence
jusqu’au mariage. Nous croyons qu’il est possible de démontrer aux jeunes que
la chasteté est un style de vie raisonnable, agréable et réalisable. Enfin, il
faudrait indiquer à ceux et à celles qui, malgré tout, choisissent d’être
actifs sexuellement qu’il vaut mieux se protéger, mais que les méthodes de
protection offertes sont très incertaines pour les adolescents comme pour les
adultes. Il faut voir la réalité telle qu’elle est. La sexualité ne peut
s’épanouir d’une manière sécuritaire que dans le cadre d’une relation conjugale
stable. Et ça, c’est le mariage!
[1] Cet article est le quatrième et dernier d’une série d’articles visant à commenter un des livres qui ont été utilisés dans les cours d’éducation sexuelle au Québec (voir les numéros 3 à 5 de notre journal).
[2] Beaulac G, Côté C, Côté J, Gilbert F, Paquette L, Formation personnelle et sociale, 4e secondaire – manuel de l’élève, McGraw-Hill, 1989.