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Les femmes peuvent-elles se fier au test Pap ?

 

Il ne fait plus de doute aujourd’hui que les cancers du col de l’utérus et de la vulve sont causés par le virus du papillome humain (VPH). Il s’agit de l’infection transmissible sexuellement (ITS) la plus répandue. Elle a actuellement des proportions alarmantes : environ 25 % de toute la population sont atteints (les jeunes sont les plus touchés : 40 % à 60 % des étudiants universitaires). Il n’y a toujours pas de remède définitif pour soigner cette maladie. De plus, le condom ne prévient pas la transmission de cette ITS. Par contre, la croissance du VPH est particulièrement liée au nombre de partenaires sexuels. Ainsi aucun cas de VPH n’a été rapporté chez les partenaires qui se sont mariés vierges. On a même observé la disparition du virus et la régression des lésions précancéreuses chez des plusieurs femmes qui ont modifié leurs habitudes sexuelles et qui n’ont plus eu qu’un seul partenaire. Mais ce n’est pas toujours le cas.

 

À notre époque, malheureusement, très peu de personnes n’ont qu’un seul partenaire sexuel durant leur vie. Aussi le nombre de porteurs du VPH a-t-il triplé au cours des vingt dernières années, et le taux de cancer du col est à la hausse. Aucun traitement ne peut éliminer de manière certaine ce virus. Les médecins peuvent, toutefois, faire annuellement la cytologie du col, aussi appelée test Pap, afin de dépister les cellules précancéreuses pour tenter de les éliminer à temps.

 

Ceci nous amène à notre question initiale : peut-t-on se fier au test Pap ?

 

Pas entièrement. En effet, il semble que le test Pap ne soit pas parfait. Lors d’un prélèvement annuel, le médecin a moins d’une chance sur deux de rapporter des cellules précancéreuses dans son échantillon. C’est pour cela qu’il est très important de faire le test chaque année. Trois échantillons ont une valeur prédictive de 88 %. Donc, après trois cytologie du col, il y a encore 12 % des femmes qui sont porteuses de cellules précancéreuses sans le savoir[1]. Des tests faits annuellement pendant trois à quatre ans donnent tout de même une idée révélatrice de la situation de santé d’une femme si on tient compte que le cancer se développe en moyenne sur une période de dix ans. Mais beaucoup de femmes négligent leur examen annuel et ne consultent qu’aux deux ou trois ans. De plus, le cancer se développe plus rapidement chez certaines femmes que chez d’autres.

 

Un autre problème a été rapporté. Au cours d’une étude faite auprès de 5 800 médecins ontariens, des chercheurs ont analysé 80 % des « pap tests » effectués en 1999 et en 2000 et ont observé que les normes de rappel des femmes ayant des tests positifs n’étaient respectées qu’une fois sur cinq. D’après ces normes, les femmes ayant des lésions précancéreuses auraient dû être jointes dans un délai de cinq à sept mois[2]. Le fait que plusieurs femmes n’ont pas été rappelées inquiètent, puisque théoriquement, les cellules précancéreuses risquent de se transformer en lésions plus dangereuses avec le temps. Notons, cependant, qu’il est possible que certaines femmes n’ont pas été rappelées simplement parce qu’il était impossible de les retrouver; toutefois, l’étude ne donne aucune précision sur ce point.

 

Nous assisterons sans doute à la mise au point de nouvelles technologies qui permettront de meilleurs prélèvements du col. Les systèmes informatiques permettront peut-être un jour de mieux joindre les femmes et de mieux respecter les nomes de rappel. Mais on peut se demander s’il ne serait pas plus approprié de faire la promotion de l’abstinence. Nous savons, en effet, qu’une vie conjugale avec un partenaire stable est le meilleur moyen de réduire le nombre de personnes atteintes du VPH. 

 

MR



[1]    Charest A, « Le SuperPap dépiste près de 100 % des cancers et des précancers du col de l’utérus », L’Actualité médicale, 5 décembre 2001, p. 8-9.

[2]    Manzer J, « Ontario MDs ignoring Pap guidelines », The Medical Post, 2 juillet 2002, p. 1 et 47.

 

 

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