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Les femmes sont-elles vraiment plus libres ?

 

Est-ce que les femmes en étant aussi actives sexuellement que les hommes acquièrent une plus grande liberté? Il ne s’agit pas ici de lancer un débat sur l’égalité de la femme, mais simplement de regarder ce qui s’est passé au cours des années avec la norme sexuelle. Les hommes ont-ils encore tendance aujourd’hui à être actifs sexuellement à un âge plus précoce que les femmes? Et sont-ils plus infidèles à leur partenaire que les femmes ?

 

D’après un sondage effectué au cours de l’été 2002 par le Conseil canadien pour la santé sexuelle de l’homme, les hommes adultes auraient eu en moyenne deux fois plus de partenaires sexuels[i]. Il semble donc exister encore une disparité entre le comportement sexuel des femmes et des hommes chez les plus de 30 ans.

 

Par contre, la situation est très différente chez les jeunes. Voici comment j’ai présenté les choses dans le livre que j’ai écrit[ii] :

Autrefois, il y avait une nette différence entre les activités sexuelles des garçons et celles des filles. En effet, anciennement, les jeunes hommes côtoyaient plus les prostituées. Aussi l’initiation des garçons devançait-elle celle des filles. Les garçons ont modifié leurs habitudes à mesure que les filles ont consenti davantage aux relations sexuelles. On a observé que l’écart entre les filles et les garçons a eu tendance à diminuer d’environ 50 % à la fin des années 1980. Aujourd’hui, l’étude Add permet d’affirmer que l’écart a presque disparu. Il n’est plus maintenant que de 1,6 %[iii].

 

L’étude Add a été faite aux États-Unis au cours des années 1990. Une étude plus récente, subventionnée par Santé Canada et dirigée par la psychologue Mary Hampton dans le cadre des activités du Planned Parenthood Regina's Sexual Health Centre, démontre que les filles sont maintenant plus actives que les garçons. C’est un renversement de situation. En effet, cette recherche effectuée auprès de 2300 jeunes de troisième et cinquième secondaire dans dix écoles publiques et privées de la ville de Regina en Saskatchewan démontre que 57 % des filles de cinquième secondaire sont actives sexuellement, tandis que 48 % des garçons le sont. De même, 34 % des filles de troisième secondaire choisissent d’avoir des rapports sexuels contre 30 % des garçons.

 

Comment interpréter ces résultats ? Cela veut-il dire que les mentalités sont en train de changer ou simplement que les jeunes ont un comportement différent de celui de leurs aînés ? Les femmes adultes ont-elles un comportement plus réservé que celui des jeunes filles parce qu’elles agissent davantage en fonction de la stabilité que requiert leur état de mères de famille ? Ou bien s’agit-il d’une tendance locale, uniquement observable à Regina ?  Il faudrait des recherches plus élaborées pour bien répondre à tout cela.

 

Je suis porté à croire que les mentalités changent. Il faut alors se demander si cette évolution est positive. Cela apporte-il un plus grand bien-être aux adolescentes d’être actives sexuellement, ou faut-il y voir une perte, en ce sens que les filles ne s’appartiennent plus à elles-mêmes, mais qu’elles subissent la pression d’un entourage centré avant tout sur la notion de plaisir ?

 

MR

 



[i]    « L’info de la semaine », TV-Hebdo, août 2002.

[ii]    Robillard, M, Douze questions à se poser avant de faire l’amour, Éditions Carte Blanche, 2001, p. 38.

[iii]    Resnick, MD, Bearman, PS, Blum, RW, et al, « Protecting Adolescents From Harm : Findings From the National Longitudianl Study on Adolescent Health », Journal of American Medical Association, September 10, 1997, Vol. 278, no. 10. Pp. 823-832.

 

 

 

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