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Aujourd’hui l’expert c’est toi[1]

 

Michel Robillard, médecin omnipraticien

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Josiane, une adolescente de 15 ans, ouvre son manuel de FPS (formation personnelle et sociale)[2] de quatrième secondaire à la page 124. Aujourd’hui l’expert c’est toi est le titre du premier chapitre 15. On y parle des histoires d’amour que présentent les médias. À un extrême, certains héros sont patients et se réservent pour le mariage. À l’autre extrême, nos vedettes ne pensent qu’à leur plaisir et trompe leur conjoint.

 

       Les auteurs indiquent ensuite que la vraie vie est différente des histoires qu’on peut écouter à la télé et qu’il faut construire sa propre conception des choses. Josiane peut aussi lire, exemples à l’appui, que même si les conduites des garçons et des filles se ressemblent de plus en plus, elles ne sont pas toujours pareilles. Les auteurs citent le résultat de recherche qui démontrent que les filles ont généralement des relations sexuelles par amour alors que les garçons sont divisés sur cette question. La moitié des garçons chercheraient le plaisir et l’autre moitié croient que l’amour est également important.

 

Dans un monde où les femmes insistent sur la notion d’égalité, faut-il s’étonner de ces différences ? Égalité des droits ne signifie nullement qu’hommes et femmes sont identiques. Les auteurs ne s’étonnent pas de ces différences et même ils les expliquent : Les garçons apprennent généralement à ne pas exprimer leurs sentiments dans la vie de tous les jours, de sorte qu’ils ont peut-être de la difficulté à reconnaître qu’ils éprouvent des sentiments. En fin de compte, les sentiments sont probablement ce qui est le plus important dans la sexualité.

 

       Puis, vient la fameuse question. Quand est-il correct d’avoir des relations sexuelles ? Le cours de FPS est là pour donner des balises à Josiane. Il y en a toute une liste.

Ø      Si tu ne te sens pas coupable

Ø      Si tu as confiance

Ø      Si tu as l’assurance de la discrétion de ton partenaire

Ø      Si tu ne subis pas de pression, de chantage, de menaces

Ø      Si tu sais distinguer ton besoin d’amour et de tendresse de tes désirs sexuels

Ø      Si tu ne cherches pas à exprimer ta révolte par ce moyen

Ø      Si tu es capable de discuter de contraception

Ø      Si vous avez parlez des MTS

Ø      Si tu respectes tes croyances et tes valeurs

Ø      Si il y a un engagement commun

Ø      Si les gestes posés correspondent au degré d’engagement que tu veux assumer

 

Pour les intellectuels, la section suivante dit : D’un point de vue éthique, les conditions qui font qu’une relation sexuelle est jugée enrichissante et responsable sont les suivantes :

1.    La durée : La relation sexuelle a un sens, une signification; elle implique chez les personnes qui la vivent un engagement profond qui se prolonge dans le quotidien.

2.    L'exclusivité : On peut éprouver de l'amitié ou de l'attachement pour plusieurs personnes; on n'en aime vraiment qu'une. La relation sexuelle a un sens si, entre autres, elle réunit deux personnes qui s'aiment profondément et de manière exclusive. 

3.    La socialisation : Toute personne a une dimension sociale; elle vit dans un milieu donné avec d'autres personnes. La relation sexuelle doit respecter cette dimension sociale. Il lui faut donc répondre avec harmonie aux normes reconnues par la société. 

4.    La fécondité : Deux personnes qui s'aiment profondément et de manière exclusive depuis longtemps et dont la relation répond avec harmonie aux normes reconnues par la société peuvent souhaiter, si les conditions dans lesquelles elles vivent sont favorables, la venue d'un enfant. L'amour est créateur et l'enfant devient alors richesse et expression de l'amour entre ces deux personnes.

 

***

 

       Pensons maintenant à l’application des principes qu’on enseigne à Josiane. En un sens, ils ne diffèrent guère des enseignements Chasteté-Québec. Nous croyons aussi que les jeunes sont à l’âge où ils doivent choisir leurs valeurs et que les héros de la télé ne représentent pas la réalité. Nous croyons aussi qu’il y a des différences psychologiques entre garçons et filles et que ces différences influencent leurs façons de vivre la sexualité. Nous croyons aussi qu’avant d’avoir une relation sexuelle, il faut se poser une foule de questions. Le simple fait d’avoir un corps pubère n’oblige aucun adolescent à avoir des relations sexuelles !

 

       Cependant, les textes du livre de Josiane suscitent en moi quelques questions :

1.         De quel sorte d’amour parle-t-on ? Qu’est-ce que l’amour ? Une simple sensation ? Un sentiment issu d’une relation qui a duré 1,2,4 ou 10 semaines ? Ou le respect de l’autre et le désir d’en prendre soin en ne l’exposant pas à des dangers inutiles ?

2.         De quel engagement parle-t-on ? Du mariage ? De la cohabitation ? De l’acceptation des conséquences (un bébé etc.) ? Ou juste du feeling de se sentir engagé par nos sentiments ?

3.         Que veut-on dire par « dimension sociale » ? La société a donc son mot à dire ? Les choix d’un ado ne regarde donc pas que lui ? Et pourquoi réagirait-elle ? Parce que les soins apportés aux personnes atteintes de MTS coûtent chèrs ? Que les mères adolescentes et leurs enfants vivent sous le seuil de la pauvreté et que cela devient un débat de société ? Pourquoi pas ?

4.         Et la question de la norme ? Je pensais que le rôle du cours de FPS était précisément de suggérer cette norme. On tourne un peu en rond, non ? Dans une société pluraliste, il y a plusieurs normes. Laquelle est la plus susceptible de rendre les parents, les enfants et toute la société heureuse ?

 

Je ne critique pas les auteurs du livre qui ont fait, à mon avis, un excellent travail. Toutefois, il est plus facile pour un organisme comme le nôtre de pousser le débat et d’aider les gens à mieux définir leurs principes. En répondant aux questions ci-dessus, on arrive à une compréhension de la sexualité qui est moins floue. On arrive à construire des valeurs solides.

 

Chasteté-Québec croit que les familles de demain seraient plus heureuses si les jeunes développaient la vision d’être vierge au jour de leur mariage. Ceux qui adoptent la chasteté comme valeur travailleront à mieux communiquer avec leur partenaire afin de lui demeurer fidèle et de perpétuer le rêve d’un mariage réussi et d’une famille heureuse. Dans ces conditions, le mariage est le milieu le plus susceptible d’assurer le bien être du couple et des enfants.

 

MR



[1]    Cet article est le second d’une série d’article visant à commenter le livre de Josiane (voir numéro précédent).

 

[2]    Beaulac G, Côté C, Côté J, Gilbert F, Paquette L, Formation personnelle et sociale, 4e secondaire – manuel de l’élève, McGraw-Hill, 1989.

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